La rénovation du Parti socialiste intéresse-t-elle quelqu’un ?

Pour ce que j’ai pu en voir ces dernières semaines, la fréquentation des réunions sur la rénovation n’est pas au beau fixe. On peut légitimement craindre que cette fréquentation soit annonciatrice d’une abstention sans précédent, dans une consultation militante qui porte pourtant tous les espoirs de retour du PS.

On a d’ailleurs tendance, au PS, à faire de cette consultation et de ses propositions l’alpha et l’omega de la reconstruction du PS. Les fraîchement convertis prêchent avec un enthousiasme à vous culpabiliser d’avoir des réticences sur le processus des primaires – et ces camarades ne manquent pas de vous rappeler à chaque intervention que de toute façon « on n’a pas le choix », sans primaire pas de dynamique à gauche en gros.

Sans doute. Le processus de primaires ouvertes donne une légitimité bien plus large au candidat ou la candidate choisi-e par les citoyens. Seulement, le problème des primaires est double : premièrement, le choix du candidat se fera plus sur un profil que sur un programme, comme le rappelait un camarade hier soir. Certes, ce candidat ou cette candidate aura un programme, mais il n’aura pas été fait en amont par les militants, puisque selon toute vraisemblance, le PS, dans son unité habituelle, devrait présenter au moins trois candidats. Quid donc du Tour de France du Projet, si les militants ne sont pas les rédacteurs du projet socialiste ? Le problème vient donc 1) du programme 2) de la participation des militants au processus, et de l’identité même d’un parti.

Plus personnellement – et ce n’est pas un argument – courir le risque de se cogner Cécile Duflot, merci bien.

Mais cette question intéresse-t-elle vraiment les Français ? On l’a vu, les militants socialistes vont aller voter à reculons à cette consultation où tout le monde appelle à voter oui, où chaque question est flanquée de son mini-argumentaire pour voter oui, et où la moitié des questions donne mandat au BN pour faire d’autres propositions en vue de la convention de juin 2010. Peut-on sincèrement penser que les Français verront ce processus comme une ouverture du PS vers l’extérieur, vers les citoyens ? J’en doute, même si cette consultation est indéniablement un premier pas, même maladroit et handicapé par le consensus et la synthèse.

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