Sarkozy fils, fossoyeur d’une jeunesse qui s’engage.

Cela aurait pu être un superbe coup pour l’UMP, s’il n’y avait pas eu autant de remous : en faisant accéder Jean Sarkozy à la présidence de l’EPAD sans trop d’encombres, l’UMP aurait pu se targuer d’assurer le renouvellement des générations en politique, et de réussir sans vote ce que le PS ne sait pas faire malgré sa rénovation.

Le problème, c’est qu’en faisant nommer Jean Sarkozy de la façon qu’on sait à cette fonction prestigieuse, le Président de la République ne rend pas service aux jeunes qui veulent s’engager et prendre des responsabilités en politique. Car il est vrai qu’avant d’avoir des responsabilités et de les exercer avec enthousiasme, il faut avoir « fait ses preuves », euphémisme hypocrite qui recouvre les réalités suivantes : avoir l’appui de quelques personnalités du parti, avoir l’approbation d’une sorte de comité des sages implicite, qui validera chaque étape de votre militantisme et n’hésitera pas à vous faire remarquer quelque écart de conduite que ce soit, etc. Bref, se faire bien voir des personnes influentes, en-dehors de toute compétence réelle ou supposée.

Le processus n’a rien à voir avec le mérite, ni même avec le fait de « se faire remarquer » : il faut juste avoir été  suffisamment consensuel et avoir une spécialité pour espérer, un jour, être utile au parti dont on est adhérent. Je suis adhérent du PS (et pas nécessairement à l’affût d’un poste, puisque j’exerce déjà une modeste responsabilité), mais l’exemple pourrait sans doute s’appliquer ailleurs. Pour être caricatural, à 20 ans tu es de la chair à canon, à 30 ans tu es un jeune prometteur, à 40 ans tu trépignes d’impatience et tes dents rayent le parquet, à 50 ans tu es déjà un vieux de la vieille qui connaît tout et sait tout.

Et l’enthousiasme là-dedans ? Et le bonheur de militer ensemble ? C’est vrai que ce texte est d’une froideur hallucinante, mais en déjà presque huit ans d’engagement j’ai pu voir les processus d’ascension, de validation « en haut » de telle ou autre personnalité, et aujourd’hui encore, l’âge est un sérieux frein à l’accession aux responsabilités.

Et ce n’est pas l’arrivée de Jean Sarkozy à la tête de l’EPAD qui va arranger les choses pour les jeunes militants de tout bord.

Catégorie : Coup de gueule, PS Un commentaire »

Un commentaire pour “Sarkozy fils, fossoyeur d’une jeunesse qui s’engage.”

  1. rachid

    Jean Sarkozy se contentera finalement d’un poste d’administrateur au sein de l’Epad. Il ne briguera plus la présidence du quartier d’affaires de la Défense, le 4 décembre prochain. La pression populaire était trop forte.

    Le fils du président de la République s’est vu contraint de faire machine arrière. Son papa voulait coûte que coûte le placer à la tête de l’Établissement public d’aménagement de la Défense, mais il n’y est pas parvenu. Il a capitulé. Pour la première fois depuis le début de son quinquennat.
    Ça doit lui faire bizarre.

    Une première défaite pour le chef de l’Etat, obligé de s’incliner devant l’opinion publique. Un exercice auquel il n’était pas vraiment habitué, lui, « l’hyper-président », qui n’a pas résisté à l’hyper-puissance populaire. Nicolas Sarkozy a donc trouvé plus fort que lui. Voilà qui, à l’avenir, lui donnera sûrement à réfléchir, avant d’agir…
    en faveur de ses proches.

    Une petite leçon, en passant, pour tous les autres papas-politiques, qui ont tendance à dérouler le tapis rouge pour leurs rejetons. Car, pour revenir à l’affaire de l’Epad, à travers ce retrait spectaculaire, c’est bien la fonction présidentielle qui a pris un coup. Le chef de l’Etat lui-même ne laissait-il pas entendre, en effet, pas plus tard que la semaine dernière, que c’était lui le « premier visé » dans cette affaire concernant son fils. Jean s’est retiré. Nicolas fait aujourd’hui profil bas. Il s’est plié devant la fronde ourdie par l’opposition et la grogne qui montait crescendo au sein de sa propre majorité.

    Mais qu’on se rassure, le fils Sarkozy ne va pas se retrouver à la rue. L’actuel conseiller général de Neuilly-sur-Seine recule en fait pour mieux sauter. Il finira bien par trouver une autre présidence : celle du conseil général des Hauts-de-Seine en 2011, à la place de Patrick Devedjian. Qui sera recasé ailleurs. Des petits arrangements entre amis, en quelque sorte. C’est très fréquent en politique !

    Cela dit, la gauche doit-elle pour autant se taper sur le ventre en criant victoire ?
    Qu’a-t-elle réellement gagné ?

    Pas grand-chose.
    Au contraire, en se concentrant durant deux semaines sur cette affaire familiale, la gauche a « zappé » les vrais dossiers qui préoccupent les Français. Et a oublié de mettre de l’ordre dans sa propre famille déchirée, à l’image du PS notamment, par la guerre des « cheftaines » Aubry-Royal.

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