A Nancy aussi, on a fait le mur.

La symbolique était forte, et ma modeste responsabilité au PS ne pouvait que m’inciter à participer à cet événement : aujourd’hui, à 17h30, plusieurs dizaines d’étudiants de Sciences Po Nancy ont brisé un mur construit par les services de la ville, symbolisant la chute du Mur de Berlin. On peut s’étonner d’ailleurs de l’inexactitude de l’événement, puisque c’était le 9 novembre 1989, et non le 8. Mais peut-être espéraient-ils faire venir plus de monde un dimanche.

Hilares, les étudiants de Sciences Po. Très animés par le fait de péter ce gros mur en carton, ambiance peu solennelle. Tant mieux, tant pis. Après tout, cette génération qui est la mienne avait à tout casser deux ou trois ans quand le Mur s’est effondré, nous n’avons pas les sensations de nos aînés, nous n’avons connu ni l’oppression, ni la séparation.

L’image le montre, il n’y avait pas grand-monde du côté Est. Ni chez les étudiants, ni dans le public. Seul le côté « libre » était mis en avant dans cette reconstitution. Sentiment bizarre. Entassées du côté Ouest, les personnes du public voulaient absolument voir l’ouverture du Mur. J’ai aimé, pour ma part, voir cette ouverture du côté soviétique, cela donnait un point de vue intéressant, celui du passage de l’oppression à la liberté.

Notre bon maire André Rossinot avait, pour l’occasion, arboré sa plus belle écharpe rouge. Et d’entonner une belle ode à la liberté et à la démocratie, avant d’appeler la populace à se restaurer à la mairie … Oups ! On a oublié la minute de silence.

La célébration s’est terminée avec force violoncelles et un hymne européen de circonstance. Fermez le rideau, si l’on peut dire.

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3 commentaires pour “A Nancy aussi, on a fait le mur.”

  1. Nancy et Metz font le mur « Le blog de Raphaël Vuitton

    [...] P.S. du 8-11-09 : à voir également, sur le sujet, le billet de Maxime Pisano. [...]

  2. Jan

    Bonjour, je suis moi même étudiant à Sciences-Po et je fais parti des organisateurs de l’évènement.
    Je voulais juste rajouter quelque chose: nous sommes bien informés, ne vous en faites pas, et c’est pourquoi nous avons cassés un autre mur dans l’enceinte de notre propre campus lundi soir. Aussi, plus d’un tiers des étudiants de notre campus (dont je fais parti) sont allemands, et bien que nous n’ayons pas connu le mur directement, nous ne sommes pas pour autant désintéressés et cette représentation a été pour nous bien plus qu’une occasion de « se marrer en pétant un mur » (qui était d’ailleurs en bois et en polystyrène). Personnellement, j’ai même été plusieurs fois très ému pendant la cérémonie.
    Mais surtout, une reconstitution reste une reconstitution. Il avait effectivement plus de monde à l’ouest durant les évènements. Puis je ne pense pas que le côté libre seul ait été mis en avant, il y avait des « manifestants » également de l’autre côté. Mais je suis heureux de lire que vous n’ayez pas été totalement déçu non plus, puisque vous avez trouvé intéressant d’observer la mise en scène du « passage de l’oppression à la liberté ».
    Enfin, je suis sans doutes plus rapproché de vos convictions que de celle du maire, mais votre article me pousse à m’interroger sur votre objectivité, et à me demander si votre description de l’évènement aurait été la même si le maire n’était pas UMP.

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  3. MP

    Bonjour Jan,
    Je tiens à dissiper immédiatement un malentendu : cet événement m’a bel et bien plu, dans sa symbolique et sa force. J’ai été très ému et ce, alors que je n’avais que 3 ans lors de la chute du Mur.
    Que vous soyez bien informés, je n’en doute pas une seconde : je sais la composition du campus Sciences Po, et je sais la qualité de son enseignement. Je trouvais simplement l’atmosphère légère et festive, ce qui après réflexion était sans aucun doute le bon ton, mais j’ai été quelque peu décontenancé sur le moment, voilà tout.
    Quand je parlais du manque de personnes à l’Est, je parlais surtout du public, pas tant des étudiants. Je trouvais dommage d’avoir pris le parti d’axer la mise en scène sur un seul coté (lumières, interventions, discours), alors que le passage de l’Est à l’Ouest était au moins aussi intéressant. Mais je chipote, n’en tenez pas rigueur ;-)
    Je termine enfin avec votre remarque sur la couleur du politique du maire. Qu’il soit UMP n’a rien à voir avec la choucroute, comme on dit. Il est évident que je fais partie des gens qui le combattent politiquement, mais ma remarque sur sa splendide écharpe rouge et son oubli de la minute de silence n’a rien à voir avec la couleur. Dans ce genre d’événement, il serait indécent de ranimer les clivages politiques alors que nous étions tous rassemblés.
    Soyez donc rassuré. Mon impression est globalement positive.

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