L’ouverture sarkozyste façon Europe écologie.
Le mercato d’hiver est ouvert chez Europe écologie. Avec Cécile Duflot dans le rôle du chasseur de têtes. Pas une semaine ne se passe sans qu’on annonce de nouvelles prises de guerre, parfois connues, parfois moins. Beaucoup de transfuges du PS qui y voient là une opportunité qu’ils n’auraient pas eu au Parti, quelques sociétés civiles, bref, un casting plutôt qu’un programme, surtout en Ile-de-France d’ailleurs. Je ne suis pas inquiet, d’ailleurs, le programme viendra sans aucun doute plus tard ; mais ce recrutement sauvage me rappelle furieusement l’ouverture sarkozyste de 2007, avec ses opportunistes et ses girouettes, ses paillettes et ses strass.
L’obsession de Cécile Duflot est toute avouée :
A 34 ans, Cécile Duflot, la secrétaire nationale du parti écologiste, veut crédibiliser sa candidature en plaçant aux avant-postes de son dispositif des candidats verts non encartés. « J’ai besoin de biodiversité intergénérationnelle et de pluralité des regards », confie celle qui prétend ravir la présidence de l’Ile-de-France.
Non encartés, bouh, pas bien le parti, surtout pas, de l’apartisan ma bonne dame, pourquoi pas de l’apolitique, parce qu’on le sait bien, les partis c’est des machines à magouilles. Plus sérieusement, la politique de l’exhibition des trophées me laisse un peu de marbre. On peut néanmoins comprendre l’embarras des Verts : sortants dans la plupart des régions et membres des exécutifs, ils ne peuvent pas sérieusement déglinguer leurs propres bilans et il est trop tôt pour lancer une campagne sur le projet ; le but est donc de jouer la carte société civile et rassemblement. Mais à quel prix ?
Si chacun a bien pris conscience, au sein de la gauche réformiste comme de la gauche radicale, de la nécessité de l’écologie politique, cette façon de faire des écologistes a tendance à rendre leur formation franchement antipathique, et il n’est plus rare d’entendre, en section comme sur le terrain, des socialistes, des communistes ou des proches du Parti de Gauche fustiger cette démarche de phénomènes de foire. A gauche, la culture politique est d’abord d’avancer les idées puis les personnes, on comprend pourquoi Europe écologie ne se fait pas que des amis.
Catégorie : Coup de gueule 2 commentaires »

15 novembre 2009 à 13 h 43 min
La comparaison avec l’ouverture « à la Sarkozy » est totalement inopportune : le Président a débauché des personnes dans le camp adverse. Ici, ce sont des personnalités de gauche qui rejoignent Europe Ecologie. Le PS n’a semble-t-il plus la capacité de rassembler, comme il le fit dans le passé.
15 novembre 2009 à 14 h 35 min
L’ouverture à la Sarkozy c’est :
- Le débauchage de personnes du camp adverse. Europe écologie tente actuellement de le faire avec le Secrétaire Général de CAP 21, mouvement écologiste de centre-droit.
- La récupération de personnalités du monde associatif. Augustin Legrand, des Enfants de Don Quichotte, sera sur la liste en Île-de-France avec Cécile Duflot.
Europe écologie apporte en effet quelque chose de nouveau : il débauche des personnalités de gauche certes symboliques, mais dont l’utilité et la constance ont toujours été contestables, comme Pierre Larrouturou.