Lorraine, la politique à papa.
Bon, les élections sont dans quelques jours, et même s’il est de bon ton de dire que la campagne se fait jusqu’au bout, je vais profiter de cette période de transition entre deux tours pour donner quelques-uns de mes sentiments sur cette campagne.
Dois-je le dire ? Ma participation à la campagne a été tout à fait négligeable. Je pourrais me cacher derrière des arguments assez pathétiques comme « je n’avais pas le temps » (ce qui, au demeurant, était vrai), « le temps était pourri » (c’était vrai, mais je ne suis pas assez gonflé pour donner cette excuse), etc.
Non, c’est juste que je n’ai pas aimé cette campagne. Dès le début. Avant même son lancement officiel. Je l’ai trouvée molle, sans beaucoup d’intérêt, insipide. Si moi, qui suis pourtant un militant engagé de longue date au Parti socialiste, j’ai pu penser cela, j’imagine sans peine pourquoi l’abstention a été aussi forte dans notre région.
Pourquoi ne pas le dire clairement, au-delà des clivages partisans que nous pouvons avoir ? On s’est ennuyé à mourir. C’était une campagne chiante, avec des débats qui l’étaient tout autant, et je ne pense pas être le seul à penser cela. Demandez donc autour de vous.
Après, on pourra toujours poser la question de l’oeuf et de la poule : était-elle chiante parce que nous ne sommes pas bougés ou ne nous sommes-nous pas bougés parce qu’elle était chiante ?
Démarrage tardif de la campagne, deux-tiers du temps passés à écouter l’un vomir le bilan Masseret, l’autre le sublimer sans concéder aucune erreur, alors qu’il y avait évidemment des choses à reconnaître ; débat régional absent ; perles et bourdes en cascade du candidat de la droite, totalement impréparé …
Ca vous donne envie d’aller voter, ça ? Moi, je suis allé voter. Mais je n’ai pas milité. Alors le citoyen non encarté, franchement …
Alors oui, ce n’est pas très politiquement correct de dire cela alors que la gauche est sur le point de l’emporter, voire de l’emporter largement, mais gagner sur les ruines d’une démocratie représentative à l’agonie, cela n’a rien de glorieux. Que ce soit Masseret ou Hénart qui gagne.
Dommage ; il y avait bien une réelle différence de projets, mais de projets il n’a jamais été question, dans quelque camp que ce soit. Une engueulade sur France 3 en direct, des postures, des gestes, des éléments de langage, des rôles bien définis mais une absence d’âme dans une campagne censée être la dernière grande campagne avant les présidentielles.
Quel que soit le candidat qui sera élu le 21 au soir, il aura une lourde responsabilité : celle de redonner ses lettres de noblesse à la politique, et notamment à la politique locale. J’ai confiance en Jean-Pierre Masseret pour mener à bien cette mission.
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Catégorie : Coup de gueule Un commentaire »

17 mars 2010 à 22 h 15 min
Je partage votre analyse… jusqu'à la conclusion, qui me laisse pantois : "il y avait bien une réelle différence de projets, mais de projets il n’a jamais été question, dans quelque camp que ce soit." Pardon, mais de quels projets parlez-vous? Il faut arrêter de rigoler : je n'ai rien entendu de nouveau de la part des sortants, et le tract de Masseret était consternant ("je", "je", "je"… m'occuperai des "jeunes", des "vieux"… des généralités indignes d'un exécutif sortant). Quelques trucs pour noircir le papier (on continuera le TER pas cher, et la très chère gare de Vandières, l'électrification Epinal-Belfort…), bref des trucs déjà en route que tout le monde connait. Vous me répondrez : et en face? Vous aurez raison : en face, c'est pareil, voire pire (à l'exception du délire du Modem sur le bois). Mais au final, voilà bien le coeur du problème (et donc de notre divergence d'analyse) : il n'existe AUCUN projet digne de ce nom pour la Lorraine, et ça fait peur (d'autant qu'à mon avis, vu le niveau de la classe politique, c'est pareil dans les 25 autres régions). Alors, à quoi bon militer pour du vide, si l'on a aucun place à défendre ou si l'on ne vise aucun strapontin. Tout cela est bien triste.