Le PS peut-il rester éternellement un parti ?
Vous avez sans doute remarqué, comme moi, que les résultats des régionales inscrivent dans le paysage politique de nouvelles entités : Front de Gauche, Europe Ecologie … Des formations qui, il y a encore cinq ans, n’existaient pas, mais qui ont pourtant réussi le pari de s’implanter et d’obtenir une légitimité certaine, à gauche et sur l’ensemble de l’échiquier politique.
Dans ce triptyque, à gauche, la seule force politique qui n’ait pas changé dans la forme reste le Parti socialiste. Alors que le Front de Gauche et Europe Ecologie sont des rassemblements transversaux et sans structure réelle de parti, le Parti socialiste reste dans une forme très classique d’organisation politique.
Une organisation héritée du XXème siècle. Une organisation qui, à l’inverse d’EE et le FdG, n’a pas réussi à travailler de façon transversale et équitable avec les associations, le mouvement social, etc. Pourtant, plus encore que la rénovation que chaque candidat au Premier secrétariat brandissait comme un étendard voilà deux ans, la vraie transformation du PS est peut-être celle de l’organisation elle-même : abandonner la simple structure de parti pour atteindre un regroupement plus grand, plus large.
Le problème est malheureusement le suivant : alors que les écologistes peuvent s’appuyer sur des associations … écologistes, les socialistes peuvent difficilement aujourd’hui s’appuyer sur le secteur social, l’économie sociale et solidaire, les associations d’insertion, les associations d’éducation populaire, etc. Ou alors, quand certains courants politiques théorisent cette relations parti-associations, c’est sous l’angle de l’infiltration, de la présence partout, des groupes politiques transversaux. C’était la démarche de la gauche du PS dans les années 90. C’est aujourd’hui totalement inconcevable.
Alors, faut-il changer le PS ? Les résultats aux régionales risquent de donner à ses dirigeants et ses militants une assurance prompte à ne rien remettre en question. Dommage. Car pour gagner en 2012, les simples structures partisanes ne suffiront pas. Il faudra mobiliser de façon bien plus large qu’en 2007 et 2002. Ce serait le moment idéal pour un aggiornamento salutaire. Pendant ce temps, on préfère inonder la toile de think tanks. C’est plus in.
Catégorie : PS 2 commentaires »

23 mars 2010 à 11 h 47 min
Maxime je plussoie ce billet. Et je rajouterai vite! On doit se pencher sur le cas du PS rapidement. Il ne peut rester comme cela basé sur une structure pyramidale non légitimée par le vote démocratique des militants. Ce n'est pas ma conception de la gauche.
24 mars 2010 à 19 h 04 min
Je ne suis pas d'accord sur le manque de légitimité. Le ou la premier-e secrétaire est élu-e par les militants, le bureau représente les sensibilités politiques, etc.
Le problème est davantage sur l'ouverture. Mais à mon sens, le PS doit rester un parti de militants.