Road to acceptance.

J’ai quelque peu déserté le militantisme politique ces derniers temps : stage, boulot, recherche d’emploi, MaxeO’ … Je n’ai pas assez de temps, et pour être honnête, je ne prends pas assez le temps pour cela.

Soyons clair : quand tu es militant d’un parti politique, ta parole se codifie petit à petit. Des mots reviennent, des sujets deviennent récurrents, et finalement, la révolte que tu voulais faire exploser quand tu avais quinze ans et que tu avais adhéré, cette colère, elle devient polie.

Encadrée.

Bridée.

Moins militer, plus discuter avec des gens qui ne sont pas forcément de mon bord politique, de mon parti, de mon entourage, voir les choses sous un angle différent, tout cela provoque en moi un reflux. Oui, c’est ça, comme un reflux gastrique. Parce que ce que je vois autour de moi me donne la nausée. La précarité des jeunes diplômés. Le racisme et l’homophobie de la génération qui va succéder à la mienne. Et surtout, ouais, surtout, le pire c’est que ça se passe dans une acceptation quasi généralisée, dans un àquoibonisme absolument répugnant.

Dire « pédé » est devenu un lieu commun, surtout pour les homos eux-mêmes. Le féminisme n’a d’autre expression que dans la pudibonderie face à une femme à poil, quand tant de combats sont à mener dans notre société pour faire évoluer les consciences. Il est devenu normal de galérer pendant des années avant de trouver un CDI. L’allongement de la durée de cotisation pour les retraites est inéluctable.

J’ai envie de vomir. Vomir toutes ces nouvelles années fric qui n’ont rien à envier aux années 80. Vomir cette société qui fait du sur-place et contient en son sein sa propre perte. L’acceptation. Le pouvoir de dire oui, encore et encore. Toutes les belles valeurs de la génération soixante-huitarde, balayées. La révolte. L’autonomie. L’émancipation. La liberté. Plus personne n’y croit.

Catégorie : Coup de gueule 3 commentaires »

3 commentaires pour “Road to acceptance.”

  1. svoboda

    Je partage ton constat !

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  2. Thierry COULOM

    Salut Maxime, nous ne sommes pas du même bord politique et pourtant je pense et ressens les même sentiments. enculé et pédé fait partie de la ponctuation de certains et ça ne choque vraiment personne. ne parlons pas du stade car il sert d'alibi tant ces insultes sont proférées ailleurs en nombre. le monde va mal et c'est déprimant mais à toutes les époques, on a dit la même chose.

    il faut sortir la tête du guidon pour voir les progrés et les reflux de l'humanité. je pars 15 jours en mission en RDC au Congo et je t'assure qu'il y a aussi de belles choses qui se passent actuellement dans le monde, il faut simplement sortir de notre microcosme français.

    je te souhaite un bol d'euphorisant car tu es mieux en pourfendeur des injustices qu'en déprimé débutant.

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  3. Manu_H

    Le constat est amer Maxime, et je l'ai fait en son temps. Mais dresser un constat ne sert à rien si, derrière, on ne passe pas à l'action. Et j'en ai fait l'expérience sur un plan plus syndical que politique : le retrait n'est jamais la bonne solution même si on a un peu l'impression de plagier Cervantés…

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