Archives pour mai 2010


La vie sans.

30 mai 2010 — 11:45

Trois mois de stage. Et, peu ou prou, trois mois sans militantisme. Mes quelques (rares) passages sur ce blog n’y changent rien. J’ai vraiment déserté le militantisme. Je l’entrevois sous un angle inédit et assez original, et je ne sais pas trop si je serai capable de me départir de ce côté vieux con qui gueule dans son salon, pour enfin bouger mon cul et aller défendre mes droits et ceux des autres dans la rue. Cela nécessite un courage que, j’avoue, j’ai un peu perdu. Il faut dire qu’en huit années de militantisme, j’ai accumulé pas mal de déceptions.

L’autre changement majeur est plus personnel. Je vais cesser de m’inventer cette identité italienne que je n’ai jamais eue, et arrêter de parler de l’Italie comme si j’y étais né. Je vais d’ailleurs arrêter de parler italien, cet exercice me serre bien trop le coeur. Trop de sentiments refoulés, de colères accumulées, de projets avortés. Ce week-end, à la Foire internationale de Nancy, parler italien sur un stand avec des exposants m’a fait immensément de mal. Je me suis rendu compte que cette langue n’était pas la mienne, que je ne l’avais pas apprise pour des raisons intellectuelles ou parce qu’elle m’aurait plu à une époque. Je dois donc me débarrasser de ce qui est devenu un méchant tic, à éradiquer.

Je crois que j’ai ma dose de changements pour cette année.

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C’est quoi, un homme, au juste ?

27 mai 2010 — 9:50

Ceux qui me suivent sur Facebook le savent : je suis féministe. Seulement, depuis quelques temps, en fait depuis que je me revendique comme féministe, j’éprouve toujours une sorte de complexe, complexe alimenté par les remarques de certaines femmes dans mon entourage plus ou moins proche. Comme si le fait d’être un homme m’interdisait toute sincérité dans la démarche féministe, au même titre que le fait d’être un hétéro m’interdisait toute légitimité dans le mouvement LGBT.

Cela peut aller du simple cliché : « Alors, Maxime, en bon rital tu fous pas grand-chose à la maison pas vrai ? » à des critiques beaucoup plus brutales, qui ne me sont pas directement adressées, mais me font beaucoup de peine. Des critiques misandres, par exemple, issues du lesbianisme radical, des réactions suite à une agression lesbophobe du style « coupons-leur les couilles », etc.

Clairement, ces choses-là me blessent. Penser qu’un homme, quel qu’il soit, ne peut pas défendre la cause féministe, c’est au mieux de l’essentialisme un peu beauf, que je peux lire chez certaines lesbiennes radicales, soit tout bonnement du sexisme. Et je trouve ça plutôt grave.

Mais qu’est-ce que ça veut dire, au juste, être un homme, un « mec » ? J’ai toujours été plus ou moins mal à l’aise avec ce concept un peu totalisant, depuis que je suis gosse. J’ai très vite mal supporté l’idée de l’homme qu’on tentait de m’imposer, et les quelques « modèles » (avec tous les guillemets possibles et imaginables) paternels que j’ai pu croiser résumaient cela en « un homme, ça se bat », « un homme, ça pleure pas », « un homme, c’est pas une tapette », et autres sympathiques joyeusetés que j’abhorre aujourd’hui.

Être un « homme », je ne sais pas ce que c’est et je ne veux pas le savoir. C’est sans doute un ensemble de constructions sociales et culturelles dans lesquelles je ne me reconnais pas. Allez répéter ma dernière phrase à un « homme », et il vous crachera au visage que vous n’êtes qu’un pédé. Allez défendre votre bifteck féministe devant une « femme », et elle vous dira que vous n’êtes pas crédible en tant qu’homme.

C’est à devenir fou.

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Juste un caillou

19 mai 2010 — 6:52

Une nouvelle venue débarque sur la blogosphère locale ! Il s’agit de ma pote Maud Hugot, conseillère municipale de Nancy, qui vient d’ouvrir un blog sobrement intitulé Juste un caillou.

Il y a déjà un paquet d’articles, je ne saurais trop vous inviter à passer y faire un tour. Pour ma part, je craque déjà sur son joli logo (à gauche) …

Bonne chance à la nouvelle blogueuse ! ;-)

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Bravo, Martine !

19 mai 2010 — 7:37

Ce matin, la France du débat sur les retraites se réveille avec les propositions du Parti socialiste. Qu’est-ce qu’on aura entendu ces dernières semaines : « une stratégie nulle », « une attente incompréhensible » … et ce, y compris dans nos rangs.

Ce matin, la démonstration est magistrale. Les propositions du gouvernement étaient déjà plus ou moins connues depuis longtemps, aussi, la simple lettre envoyée aux syndicats était tout sauf une surprise ; en ce qui concerne le PS, sa première secrétaire a réussi le tour de force de cristalliser le débat autour de nos propositions. J’en veux pour preuve les réactions de l’UMP, Valérie Rosso-Debord (bien connue dans le coin) en tête, incapable ce matin de défendre ses propositions, dans une interview axée sur trois arguments :

- Les ténors du PS ne sont pas d’accord entre eux (alors qu’un bureau national a voté les propositions)
- Les propositions du PS sont irréalistes, avec notamment ce bijou de There Is No Alternative :

« Le PS ne se rend pas compte que le monde a changé. On gagne un trimestre d’espérance de vie par an. On ne peut pas être le seul pays en Europe à travailler 35 heures par semaine, au lieu de 42 heures en moyenne dans les autres pays, où l’âge de départ à la retraite est autour de 67 ans. Un peu de discernement et de réalisme ne nuirait pas au PS. »

- Nous sommes derrière le gouvernement (sans déconner ?), les Français sont avec nous. Lire la suite »

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Le bouton Facebook « j’aime » est-il une abomination ?

13 mai 2010 — 4:03

C’est ce commentaire de l’amie Celinextenso qui m’a mis la puce à l’oreille :

Ce n’est pas la première à me faire cette remarque. L’ami Svoboda, qui commente souvent ici, et d’autres, m’ont fait part de cette polémique qui enfle depuis quelques temps sur le fameux bouton iLike Facebook, que l’on peut insérer sur son site ou son blog en utilisant ses données utilisateur Facebook.

Alors, je suis allé me documenter sur la question, parce que quand il s’agit de copines/copains blogueuses/blogueurs ou d’ami-e-s qui commentent, je prends toujours au sérieux leurs remarques. Résumons :

- Ce bouton ne fonctionne que si vous êtes connecté à Facebook. Or, 9 personnes sur 10 ne se déconnectent jamais.
- Le fait de consulter les pages du blog en restant connecté-e fournit manifestement à Facebook l’information suivante : vous êtes venu-e ici. Diantre, quelle horreur, on va savoir que vous consultez des blogs d’affreux gauchissss ;-)
- Ce petit plugin donnerait des informations « capitales » à Facebook en terme de ciblage comportemental.

Je retiens trois choses.

- D’abord, et on ne le répétera jamais assez, la vie privée sur Internet est quelque chose qui se délimite soi-même. Vous ne voulez pas qu’on sache que vous êtes parti en week-end, photos à l’appui ? Ne les publiez pas, ou si vous le faites, appliquez les filtres nécessaires pour que seuls vos amis puissent en profiter.
- Pour Facebook, c’est pareil. Le procédé utilisé est vieux comme le monde, et est pratiqué dans tous les réseaux de pub : un simple cookie permettant de vous suivre à la trace. Pour préserver votre vie privée, et si ce bouton fait si peur à certains (alors qu’il ne s’agit, pour moi, que d’une interaction supplémentaire avec le réseau social en question), bannissez l’adresse de vos serveurs DNS, utilisez des plugins comme AdBlock, que sais-je :-)
-  Je n’ai, personnellement, aucun accès aux données vous concernant. Cela nécessite des compétences techniques que je n’ai pas, et ce n’est carrément pas mon but.

Maintenant, si le tollé est général, je ne manquerai pas de reconsidérer l’implantation de ce bouton sur les pages de Rhapsodies. A vous de me dire ce que vous en pensez. ;-)

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Pour un mouvement féministe où les hommes ont toute leur place.

11 mai 2010 — 8:50

Le combat féministe est un combat universel. Ce n’est ni un combat communautaire, ni une lutte entre genres, encore moins un conglomérat d’intérêts particuliers. Aujourd’hui, en 2010, nos sociétés occidentales ont laissé s’installer de nouvelles inégalités après en avoir mollement corrigé d’autres et, ailleurs dans le monde, la situation est souvent catastrophique.

Nous, hommes et féministes, avons une responsabilité particulière dans cette stagnation.

Nous avons laissé ce combat devenir un combat de femmes. Nous avons contribué à ce que les mouvements féministes soient si peu mixtes et si peu peuplés d’hommes, alors que notre rôle est de nous battre côte à côte pour l’égalité réelle. Aujourd’hui, le combat féministe fait du surplace. Et ce ne sont pas les ridicules Etats généraux de la Femme du magazine Elle qui vont nous faire changer d’avis.

Face à l’essoufflement de ce mouvement de progrès, nous devons être unis pour l’égalité des droits. Tous ensemble. La responsabilités des féministes, de tout parti, de toute obédience, de tout pays, est grande : contribuer à construire un grand mouvement féministe unitaire. Et ne pas sous-traiter aux femmes la question féministe, comme on a sous-traité la lutte anti-raciste aux immigrés de première, deuxième ou troisième génération depuis les années 80.

Deux obstacles se présentent à nous : d’abord, notre incapacité actuelle à nous mobiliser en masse dans les mouvements existants. Combien d’hommes dans les mouvements féministes ? Combien d’engagés parmi les engagées ? L’autre obstacle est malheureusement, parfois, celui de la mise à l’écart de ces mêmes hommes sensibles aux revendications féministes. Récemment, un collectif créé en Lorraine invitait « toutes celles que la cause des femmes en France et dans le monde intéresse ». Les hommes n’y étaient manifestement pas invités. Dommage.

Les années 2010 doivent être celles du renouveau du mouvement féministe en France. Et cela commence par une adhésion massive de l’ensemble des personnes concernées, femmes ou hommes, pour faire progresser durablement l’égalité. Nous n’avons pas d’autre choix.

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Avant de fêter l’Europe, faisons-la vivre.

9 mai 2010 — 10:15

Aujourd’hui, c’est le 9 mai. 9 mai, journée de l’Europe. Pour bon nombre de nos concitoyens, c’est une journée parmi tant d’autres, à ranger à côté de la journée internationale sans voiture, de la journée de lutte contre machinchose, etc. Et pourtant … nous célébrons bien la Déclaration Schuman.

Soixante ans après cette déclaration, que reste-t-il de ce qui était hier une grande promesse ? Dans les coeurs des Européens, pas grand-chose ; politiquement, une construction hybride laissant toujours plus un sentiment d’inachevé ; économiquement, une absence de gouvernement économique et une zone euro pas étendue à l’ensemble des pays et fragilisée.

Au PS, comme dans tant d’autres partis politiques de gouvernement, on aime à dire que nous sommes un parti européen. Sans doute. Mais les militants, eux, s’en fichent. En tant que délégué fédéral à l’Europe, j’en ai fait la douloureuse expérience. Il n’y a aucune culture européenne au sein du parti, à part dans les quelques contributions que l’on retrouve aux congrès, ou, je vous parie ma chemise, lors de la prochaine convention où l’on retrouvera l’antienne du « L’Europe est l’échelon adéquat ».

Mais l’Europe des militants ? L’Europe des peuples ? Quelle place a-t-elle dans nos projets passés et futurs ? Nationalement, choix est fait de ne parler d’Europe que tous les cinq ans pour les élections, ou épisodiquement pour dire que l’Europe ne joue pas son rôle. Alors, localement, on rame. Et cette Europe que nous aimons tant, nous ne savons pas, aujourd’hui, la faire vivre.

60 ans après la Déclaration Schuman, la remise en question est obligatoire.

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Et si l’autonomie du MJS était une bêtise ?

6 mai 2010 — 10:14

L’autonomie des jeunes socialistes est un élément fort de la mythologie militante : 1993, Rocard, l’autonomie, Benoît Hamon, on pourrait en faire un nuage de tags. L’autonomie est présentée comme le consensus entre toutes les sensibilités politiques du MJS, l’horizon indépassable, l’acquis auquel il ne faut surtout pas toucher.

Le principe est fort et enthousiasmant : donner à une organisation de jeunesse la possibilité d’exister, d’organiser ses propres congrès, de déterminer ses orientations, de militer sous ses propres couleurs.

Pourtant, on peut sérieusement se poser la question du respect de ce principe depuis quelques années. Nous fêtions, voilà deux ans, les quinze ans de l’autonomie du MJS, et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est ce même MJS qui s’est le plus assis sur ce beau principe, qui l’a vidé de son sens, qui l’a dévoyé. Le MJS a fait de l’autonomie une défiance vis-à-vis du Parti socialiste, n’hésitant plus à écrire sur ses tracts que ses positions ne sont pas les mêmes que celles du PS, fustigeant à coup de communiqué l’ancien Premier secrétaire, sans même avoir consulté l’ensemble des sensibilités, utilisant l’autonomie comme prétexte pour amorcer des purges lamentables et passées sous silence.

Localement, on a même pu voir l’Animateur Fédéral du MJS nous sortir, alors qu’une conseillère fédérale lui demandait un bilan d’action du MJS suite à une demande de subvention à 3 zéros, que le MJS était « indépendant » et que le Collectif Fédéral était « souverain », donc qu’aucun compte n’était à rendre.

Faut-il revenir sur l’autonomie du MJS ? Si l’on s’en tient au principe, non. Si l’on regarde ce qu’on en a fait depuis 17 ans, cela reste à voir. Le MJS n’est toujours pas arrivé à maturité, et on se demande si cela arrivera un jour.

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Victime.

3 mai 2010 — 9:12

Nos sociétés actuelles aiment à ériger des victimes, des martyrs, des héros. La disparition progressive des religions, dans nos sociétés laïques, est sans doute une des raisons pour lesquelles certains ont besoin de reproduire une mythologie populaire. Le problème, c’est lorsque la grand-messe cathodique présente des martyrs représentant des causes ou des orientations morales plus que discutables.

Autrement dit, les faux martyrs me cassent sérieusement les membres inférieurs. Et en ce moment, ils se ramassent à la pelle. Ribéry, dans le sport ; Kerviel, dans la finance ; Polanski, dans les arts. Ces trois énergumènes me donnent une prodigieuse nausée dès l’instant où je lis une dépêche ou entend une nouvelle à la radio les concernant. L’un est un exemple pour les jeunes ; un autre a une responsabilité certaine dans la finance mondiale ; le dernier est un intellectuel. Les trois ont failli à leur devoir d’exemplarité. Et les trois se permettent, en outre, de faire la fine bouche sur le traitement médiatique qui leur est réservé.

Nous pensent-ils assez stupides pour les croire tout blancs, pour fuir cette responsabilité que porte chaque homme public ayant accompli, au moins une fois, quelque chose d’exceptionnel ?

Entendre Ribéry pleurer sur les répercussions sur sa famille ; entendre Kerviel dire qu’on l’a accusé à tort ; lire Polanski se vautrer dans sa mouise chez BHL (en plus) en criant à l’acharnement ; tout cela m’inspire un dégoût au moins aussi grand que la fascination suscitée chez votre serviteur par au moins deux d’entre eux.

PS : oui, c’est clairement une note de vieux con.

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