Retraites : le désespoir des jeunes

L’heure est à la résignation. C’est la première fois, en presque dix ans d’adhésion au Parti socialiste, que je me sens, que je nous sens aussi déprimés et fatalistes face à une attaque de la droite. Quand je dis « nous », je veux parler des jeunes, pas forcément les jeunes socialistes, mais les jeunes dans leur ensemble.

Faites le test, et parlez avec une personne entre vingt et trente ans. Parlez-lui de la réforme des retraites ; je puis vous parier que sa réaction consistera en un haussement d’épaules, suivi d’une phrase type « de toute façon c’est cuit », « on sait qu’on aura rien », « on travaillera de toute façon jusqu’à 70 ans », etc.

Hier, le PS Meurthe-et-Moselle recevait Pierre Moscovici, dans le cadre des Rencontres Retraite. Je n’ai pas pu m’empêcher de faire état de mon désarroi, sur deux points : d’abord, il existe aujourd’hui un vrai décalage entre l’état d’esprit des jeunesses et celui de 2006, lors de la bataille contre le CPE. Et ce n’est pas simplement parce qu’ils se sentiraient moins concernés ; je crois au contraire que Sarkozy et ses amis ont gagné une lourde bataille psychologique, en martelant depuis des années qu’il n’y a aucune alternative, etc.

Le deuxième constat est celui de l’incertitude la plus totale : le plan du gouvernement va jusqu’en 2018 et celui du PS jusqu’en 2025. Je suis bien sûr d’accord avec Moscovici, il est absolument hors de question de faire des vues de l’esprit, notamment démographiques, jusqu’en 2050. Mais dans une situation comme la nôtre, faite d’interrogations et de fatalisme pour les années à venir, le fait de savoir que nous nous battrions pour sauvegarder les retraites de la génération de nos parents sans savoir ce qu’il va advenir de la nôtre n’est, pour sûr, pas mobilisateur.

L’intervention de Michel Dinet sur le vivre ensemble et la nécessité de la mobilisation avait quelque chose de beau et de courageux, comme toujours chez lui. Mais celle de Moscovici a achevé de me laisser songeur : comment dire que cette réforme est faite pour les jeunes, quand le PS propose aux étudiants de cotiser pendant leurs études alors qu’ils sont souvent sans le sou ?

La journaliste de France 5 qui était là a sans doute bien saisi ma perplexité, et il y a des chances que je sois dans le sujet de C Politique dimanche ; j’espère qu’elle a compris que ma perplexité n’est pas envers le PS, mais envers la génération qui nous précède et qui a tendance à sauver ses meubles pendant que notre propre maison brûle.

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Un commentaire pour “Retraites : le désespoir des jeunes”

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