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La prétendue efficacité des grands-messes télévisuelles

12 juillet 2010 — 12:53

Quel communiquant peut croire, en 2010, en l’efficacité d’un rendez-vous aussi convenu et codifié que l’interview présidentielle ? Depuis des années, les hommes d’Etat usent et abusent, pour certains, de cet exercice désormais suranné et aux ficelles aussi grosses que les biftons dépensés pour l’avion de Naboléon 1er.

Soyons sérieux un instant : qui peut être assez stupide pour ne pas comprendre le but et les moyens mis en oeuvre pour cet exercice ? Qui serait assez con pour ne pas voir quels sont les éléments de langage utilisés, quel est le ton, quelle est la volonté de l’homme politique?

En réalité, chacun le sait : quand un chef d’Etat ressent le besoin de s’expliquer dans un format aussi long, c’est qu’il est en difficulté. D’où la stupidité de cet exercice : non seulement on sait déjà ce qu’on va y trouver, mais en plus c’est un aveu de faiblesse.

Une double raison pour s’abstenir de regarder cette bouse télévisuelle, à laquelle j’ajouterai sans état d’âme le passe-plats Pujadas.

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Austérité et méthode.

6 juillet 2010 — 4:31

Les amis, nous allons devoir quelque peu changer de braquet, comme dirait l’autre. Il est désormais totalement acquis que nous entrons dans une période dure de notre histoire politique. L’affaire Woerth-Bettencourt n’en est finalement qu’une excroissance spectaculaire, le temps politique et social qui s’annonce est clairement sous le signe de la révolte et des coups.

Les affaires, la rigueur, les retraites, la colère qui gronde … Septembre 2010 sera, plus qu’un test, un véritable thermomètre de ce climat que nous annonçons, sur ce blog ou ailleurs, depuis déjà quelques temps.

D’ici là, d’autres tribunes prétentieuses verront le jour, mais ce qui est certain, c’est que pas mal de choses vont changer ici. Plus de hargne, plus fouille-merde, Rhapsodies va prendre un tournant que certains accepteront, d’autres pas. Merci aux uns, tant pis pour les autres. Maintenant, c’est austérité dans la forme et méthode sur le fond.

Parce qu’il va falloir sacrément de sang-froid et de patience pour démonter, une à une, toutes les impostures de la droite depuis 2007. Le vrai boulot commence maintenant.

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Ah, la ligne 1 de TCSP à Nancy …

27 juin 2010 — 3:09

… C’est toute une histoire ! Chaque Nancéienne, chaque Nancéien peut vous en raconter la situation initiale, les péripéties, les intrigues palpitantes qui la composent ! De pannes en retards, de travaux en blocages, de clauses pourries en erreurs d’ingénieurs, la ligne 1, à Nancy, c’est Autant en emporte le vent à peu de frais, enfin si je peux m’exprimer ainsi : le coût de cette petite plaisanterie se compte en millions d’euros.

La dernière séance publique à la Communauté Urbaine du Grand Nancy a été le théâtre d’informations pour le moins surprenantes sur les transports en commun nancéiens. Outre le fait que VélOstanLib’, un réseau aussi rikiki que l’ambition de ceux qui l’ont conçu, coûte 800 000 euros par an pour 25 stations et 250 vélos, on apprend, grâce au Conseil Général de l’Ecologie et du Développement Durable, que « le matériel de la ligne 1 peut/doit perdurer jusqu’en 2022« .

Vous avez bien lu. Deux mille vingt-deux.

Si vous êtes Nancéien-ne, ou si vous avez déjà eu le plaisir de visiter notre belle cité, vous avez sans doute dû faire un bond, aussi haut que la Tour Thiers. Pensez : trappes qui pendent, ornières à boucher chaque année, affichage défectueux, grincements, bruit, pannes encore fréquentes … Tout ça pour apprendre qu’une rénovation complète du matériel coûterait … environ 700 000 euros par véhicule ! La ligne 1 comprenant une vingtaine de rames, je vous laisse faire le calcul.

Pour reprendre le (bon) mot de l’ami Jacquemin, on est train de tourner « un tramway nommé délire » !

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Maintenant il faut tenir.

25 juin 2010 — 10:49

Plusieurs temps politiques s’achèvent, doucement. L’arrivée de l’été (enfin !) et sa torpeur habituelle ne sont pas propices aux mobilisations de masse et aux grands raouts militants. Retraites, rénovation du PS … en interne comme en externe, il va désormais falloir tenir. Tenir en alerte, tenir en respect aussi, afin que les Français ne soient pas plongés dans le syndrome du poisson rouge.

L’été est un temps de relâchement politique où, paradoxalement, la vigilance est plus que jamais de mise : passages en force législatifs, coups politiques, éclats de voix en interne … Au PS, l’épisode Valls-Aubry ne doit pas se reproduire en 2010. Nous sommes, à cet instant, dans une séquence politique plutôt favorable à la gauche, c’est tant mieux. Mais ce travail ne doit pas être balayé par la chaleur douce-amère de l’été, qui fait parfois des ravages dans les organisations politiques.

A le rentrée, on va devoir être prêts. Avec la bataille des retraites, c’est d’ores et déjà la campagne des présidentielles qui est lancée. Et pour gagner cette bataille de projets, nous devrons être à la fois exemplaires et respecter le vote des militants du 24 juin, et montrer aux Français que nos propositions sont crédibles.

D’ici là, bel été à tous.

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L’homme à abattre.

22 juin 2010 — 8:36

« Il a pas su tenir son équipe », « Nul », « Le responsable de cette mascarade », « Démission » … Raymond Domenech cristallise tous les mauvais sentiments que peuvent développer les supporteurs de l’équipe de France en pareille situation. Vae victis.

Dans une excitation macabre, il faut bien l’avouer, nous nous sommes tous – moi compris – complètement acharné sur cette équipe de France qui n’a pas réussi à se sortir du bourbier sud-africain, et les réactions sur Twitter sont, pour reprendre les termes du Chafouin, une réaction de meute1.

A l’instar d’un général qui aurait conduit l’armée à la déroute, on pointe donc du doigt le responsable, en oubliant quelque chose d’essentiel : le football est un sport col-lec-tif. Ben oui les z’amis, le football c’est onze joueurs sur le terrain, et tu as beau avoir une stratégie de merde, si tu n’as rien dans les pattes et si tu ne sais pas faire des passes pour essayer de briller2, ben tu fais un match de merde.

Le problème, ça n’est pas l’entraîneur, c’est cette banalisation de la haine et de la violence : entre supporteurs, des supporteurs envers les équipes, entre équipes, entre joueurs. Tout le monde se déteste, plus ou moins cordialement, mais n’attend qu’une occasion pour faire péter un verrou supplémentaire. L’équipe de France, cette année, est allée loin en la matière. Et dès lors, tout a été oublié, les cracheurs d’hier (Barthez), les spécialistes du coup de boule de naguère (Zidane) et la cohorte d’expulsés aux mauvais gestes ont désormais toute crédibilité pour dire que ce qu’ont fait les Bleus, c’est pas bien, bouh, pas propre. On est passé à un stade supérieur.

La fédé ne voulait pas que les cadres de 98 prennent le pouvoir ? Mais bordel, comme je les comprends. Ils sont beaux, aujourd’hui, ces braves gars, à donner des leçons de respect et de non-violence, mais chacun se souvient de leurs gestes. Tous unis pour déglinguer Domenech et son incompétence.

Incompétence manageuriale, ok. Responsabilité de la faillite du football français dans son ensemble, certainement pas. On s’est fait plaisir depuis 1998, la victoire nous a fait oublier tous les vices qui rongent le football depuis qu’on a fait des joueurs des demi-dieux, et des sélectionneurs des faiseurs de rois.

Domenech n’est qu’un pion dans un jeu dégueulasse. Et tout le monde y participe.

  1. Meute dans laquelle il entend m’inclure, peut-être n’a-t-il pas tort []
  2. Oui, c’est clairement à Ribéry que je pense ; la seule passe décisive qu’il ait daigné faire a donné le seul but de la compétition à l’équipe de France []

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Rencontres Retraite du PS : l’étape de Nancy

20 juin 2010 — 10:01

Et on peut même apercevoir ma tronche pas télégénique du tout ;-)

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Retraites : le désespoir des jeunes

18 juin 2010 — 2:34

L’heure est à la résignation. C’est la première fois, en presque dix ans d’adhésion au Parti socialiste, que je me sens, que je nous sens aussi déprimés et fatalistes face à une attaque de la droite. Quand je dis « nous », je veux parler des jeunes, pas forcément les jeunes socialistes, mais les jeunes dans leur ensemble.

Faites le test, et parlez avec une personne entre vingt et trente ans. Parlez-lui de la réforme des retraites ; je puis vous parier que sa réaction consistera en un haussement d’épaules, suivi d’une phrase type « de toute façon c’est cuit », « on sait qu’on aura rien », « on travaillera de toute façon jusqu’à 70 ans », etc.

Hier, le PS Meurthe-et-Moselle recevait Pierre Moscovici, dans le cadre des Rencontres Retraite. Je n’ai pas pu m’empêcher de faire état de mon désarroi, sur deux points : d’abord, il existe aujourd’hui un vrai décalage entre l’état d’esprit des jeunesses et celui de 2006, lors de la bataille contre le CPE. Et ce n’est pas simplement parce qu’ils se sentiraient moins concernés ; je crois au contraire que Sarkozy et ses amis ont gagné une lourde bataille psychologique, en martelant depuis des années qu’il n’y a aucune alternative, etc.

Le deuxième constat est celui de l’incertitude la plus totale : le plan du gouvernement va jusqu’en 2018 et celui du PS jusqu’en 2025. Je suis bien sûr d’accord avec Moscovici, il est absolument hors de question de faire des vues de l’esprit, notamment démographiques, jusqu’en 2050. Mais dans une situation comme la nôtre, faite d’interrogations et de fatalisme pour les années à venir, le fait de savoir que nous nous battrions pour sauvegarder les retraites de la génération de nos parents sans savoir ce qu’il va advenir de la nôtre n’est, pour sûr, pas mobilisateur.

L’intervention de Michel Dinet sur le vivre ensemble et la nécessité de la mobilisation avait quelque chose de beau et de courageux, comme toujours chez lui. Mais celle de Moscovici a achevé de me laisser songeur : comment dire que cette réforme est faite pour les jeunes, quand le PS propose aux étudiants de cotiser pendant leurs études alors qu’ils sont souvent sans le sou ?

La journaliste de France 5 qui était là a sans doute bien saisi ma perplexité, et il y a des chances que je sois dans le sujet de C Politique dimanche ; j’espère qu’elle a compris que ma perplexité n’est pas envers le PS, mais envers la génération qui nous précède et qui a tendance à sauver ses meubles pendant que notre propre maison brûle.

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La rénovation passe par l’exemple. Mais pas seulement.

10 juin 2010 — 9:54

La rénovation du PS avance. Même si le terme de « révolution démocratique », utilisé par Arnaud Montebourg, me semble plus qu’exagéré, la mesure phare du non-cumul des mandats est un immense progrès dans la vie du parti et de la démocratie représentative. Mathieu Klein lui-même vient d’annoncer sur son blog qu’il est à l’heure des choix : ou vice-présidence du conseil général, ou législatives, ou municipales. Ce choix annoncé l’honore, quand d’autres camarades préfèrent, eux annoncer leur candidature à un autre mandat sans prendre de telles précautions.

Mathieu Klein parle lui-même d’exemple. Malheureusement, l’exemple venant des candidats ou élus-candidats ne suffit pas. Nous avons désormais besoin d’entamer quelque chose de plus souterrain, de moins spectaculaire et sans doute moins modifiable dans les statuts du parti : changer les mentalités ; entamer une bataille culturelle au sein de nos propres cercles, aller voir chaque militant, discuter. Car de nombreuses barrières sont encore à abattre : jeu des motions, jeu des générations, baronnies (qui, parions-le, résisteront à l’épreuve du non-cumul) … sont autant d’obstacles à ce fameux renouvellement, notamment générationnel, que nous appelons tous de nos voeux.

Ce combat va être ardu. A l’approche des primaires, le jeu des motions et des groupes politiques se réactive, pour ne retomber furtivement qu’en 2012 … avant de reprendre dès les législatives. Il va donc falloir que nous entamions ce changement dès maintenant. L’exemplarité n’est certes pas suffisante, mais serait déjà un grand pas. Des initiatives comme celle de Mathieu Klein sont à saluer. On aurait pu espérer une démarche similaire du côté de notre Président de Région.

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Vraiment des beaufs.

3 juin 2010 — 8:57

Sur Twitter, depuis le début de la journée, le nouvel hashtag à la mode est … #vraimentPD.

(source)

L’article de Yagg, dont est tirée cette capture d’écran, résume bien mon état d’esprit : non, ce n’est pas drôle. En plus d’être une insulte homophobe, « pédé » est synonyme ici de naze, ringard, neuneu, etc. Alors oui, j’entends d’ici mes copains gays venir me dire que « pédé » est au moins autant utilisé par eux. Je trouve que c’est une erreur, soit dit en passant. Parce qu’il y a une banalisation de l’insulte, en oubliant totalement son origine, son histoire, ce à quoi elle a amené.

Plus proche de moi, j’entends souvent les gamins que je surveille, dans mon collège, se lancer des « mais t’es vraiment un gros gay », « pédé » et j’en passe. Et ce ne sont pas des surnoms affectueux, pour sûr.

Alors non, ça me fait pas rire, surtout depuis que je me suis fait insulter de sale pédé à la Marche des Fiertés 2009.

Vraiment pas. Bande d’abrutis.

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La vie sans.

30 mai 2010 — 11:45

Trois mois de stage. Et, peu ou prou, trois mois sans militantisme. Mes quelques (rares) passages sur ce blog n’y changent rien. J’ai vraiment déserté le militantisme. Je l’entrevois sous un angle inédit et assez original, et je ne sais pas trop si je serai capable de me départir de ce côté vieux con qui gueule dans son salon, pour enfin bouger mon cul et aller défendre mes droits et ceux des autres dans la rue. Cela nécessite un courage que, j’avoue, j’ai un peu perdu. Il faut dire qu’en huit années de militantisme, j’ai accumulé pas mal de déceptions.

L’autre changement majeur est plus personnel. Je vais cesser de m’inventer cette identité italienne que je n’ai jamais eue, et arrêter de parler de l’Italie comme si j’y étais né. Je vais d’ailleurs arrêter de parler italien, cet exercice me serre bien trop le coeur. Trop de sentiments refoulés, de colères accumulées, de projets avortés. Ce week-end, à la Foire internationale de Nancy, parler italien sur un stand avec des exposants m’a fait immensément de mal. Je me suis rendu compte que cette langue n’était pas la mienne, que je ne l’avais pas apprise pour des raisons intellectuelles ou parce qu’elle m’aurait plu à une époque. Je dois donc me débarrasser de ce qui est devenu un méchant tic, à éradiquer.

Je crois que j’ai ma dose de changements pour cette année.

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