Ceux qui me suivent sur Facebook le savent : je suis féministe. Seulement, depuis quelques temps, en fait depuis que je me revendique comme féministe, j’éprouve toujours une sorte de complexe, complexe alimenté par les remarques de certaines femmes dans mon entourage plus ou moins proche. Comme si le fait d’être un homme m’interdisait toute sincérité dans la démarche féministe, au même titre que le fait d’être un hétéro m’interdisait toute légitimité dans le mouvement LGBT.
Cela peut aller du simple cliché : « Alors, Maxime, en bon rital tu fous pas grand-chose à la maison pas vrai ? » à des critiques beaucoup plus brutales, qui ne me sont pas directement adressées, mais me font beaucoup de peine. Des critiques misandres, par exemple, issues du lesbianisme radical, des réactions suite à une agression lesbophobe du style « coupons-leur les couilles », etc.
Clairement, ces choses-là me blessent. Penser qu’un homme, quel qu’il soit, ne peut pas défendre la cause féministe, c’est au mieux de l’essentialisme un peu beauf, que je peux lire chez certaines lesbiennes radicales, soit tout bonnement du sexisme. Et je trouve ça plutôt grave.
Mais qu’est-ce que ça veut dire, au juste, être un homme, un « mec » ? J’ai toujours été plus ou moins mal à l’aise avec ce concept un peu totalisant, depuis que je suis gosse. J’ai très vite mal supporté l’idée de l’homme qu’on tentait de m’imposer, et les quelques « modèles » (avec tous les guillemets possibles et imaginables) paternels que j’ai pu croiser résumaient cela en « un homme, ça se bat », « un homme, ça pleure pas », « un homme, c’est pas une tapette », et autres sympathiques joyeusetés que j’abhorre aujourd’hui.
Être un « homme », je ne sais pas ce que c’est et je ne veux pas le savoir. C’est sans doute un ensemble de constructions sociales et culturelles dans lesquelles je ne me reconnais pas. Allez répéter ma dernière phrase à un « homme », et il vous crachera au visage que vous n’êtes qu’un pédé. Allez défendre votre bifteck féministe devant une « femme », et elle vous dira que vous n’êtes pas crédible en tant qu’homme.
C’est à devenir fou.