Catégorie: Coup de gueule


Morgue municipale

30 mars 2010 — 9:09

Le conseil municipal de Nancy qui se tenait hier a été une occasion supplémentaire de constater tout le mépris de la majorité en place. Cela, nous y sommes habitués, le discours est connu : pointer une supposée absence de propositions quand le groupe d’opposition dénonce une mesure, balayer du revers de la main, sans débat, une proposition du groupe quand il en fait une précise.

« J’ordonne les débats, M. Masson »

André Rossinot semble avoir élevé la morgue et la suffisance au rang d’art municipal, en témoigne cette phrase : « D’ici à ce que vous soyez maire, M. Masson, de l’eau aura coulé sous les ponts de la Meurthe ». Bizarrement, après une telle branlée de la droite le 21 mars, je ne l’aurais pas ramenée, moi, si j’avais été le maire. Mais bon.

Des taxes, des taxes et encore des taxes

Pour une famille politique qui abhorre autant l’augmentation des prélèvements, l’on peut dire que la majorité UMP de Nancy n’y va pas avec le dos de la cuillère dans le reniement cette année : augmentation de 8% de la taxe sur l’électricité (soit le maximum prévu par la loi), augmentation des impôts locaux, etc. Après les sorties emphatiques, main sur le coeur de Laurent Hénart pendant les régionales sur les augmentations du CR, on ne peut que sourire (jaune) face à une telle débauche d’augmentations de la part du chef de file de la majorité municipale.

Et le César du meilleur acteur est attribué à …

… Thierry Coulom, bien évidemment. Pour ceux qui ne connaîtraient pas ce sémillant conseiller municipal de la majorité, imaginez-vous Frédéric Lefebvre et son phrasé si original. On est à peu près dans le même style : « Vous ne connaissez pas la vie des vraies gens », « Sortez un peu rencontrer les gens », « Je vous sais plus intelligent que cela, M. Masson », etc.

Mais la phrase qui m’a fait voir rouge est celle-ci : « M. Klein, vos amis politiques ne siègent jamais dans mon AVQ ! »

Pour avoir fait partie de cet Atelier de Vie de Quartier Centre-Ville Charles-III, je vais rappeler quelques petites choses à M. Coulom :

1/ Personne ne s’est jamais présenté au nom du Parti socialiste,
2/ Certains d’entre nous ont déménagé dans un autre quartier, et ont envoyé un mail pour dire qu’ils ne seraient plus présents (nous sommes disposés à prodiguer quelques leçons d’informatique pour les personnes qui ne sauraient pas ouvrir une boîte mail),
3/ Jusqu’à preuve du contraire, même si M. Coulom aime à endosser le rôle de l’Oeil de Moscou, ce n’est pas SON Atelier de Vie de Quartier. L’AVQ est, jusqu’à preuve du contraire, une association indépendante, même quand M. Coulom vient y distiller la bonne parole municipale et faire croire aux administrateurs qu’ils sont associés aux processus de décision (la bonne blague).

C’est sans doute cela, la démocratie participative sauce Rossinot. Et après on s’étonne que les gens n’aillent pas voter.

10 commentaires » | Coup de gueule, Nancy

Lorraine, la politique à papa.

17 mars 2010 — 9:55

Bon, les élections sont dans quelques jours, et même s’il est de bon ton de dire que la campagne se fait jusqu’au bout, je vais profiter de cette période de transition entre deux tours pour donner quelques-uns de mes sentiments sur cette campagne.

Dois-je le dire ? Ma participation à la campagne a été tout à fait négligeable. Je pourrais me cacher derrière des arguments assez pathétiques comme « je n’avais pas le temps » (ce qui, au demeurant, était vrai), « le temps était pourri » (c’était vrai, mais je ne suis pas assez gonflé pour donner cette excuse), etc.

Non, c’est juste que je n’ai pas aimé cette campagne. Dès le début. Avant même son lancement officiel. Je l’ai trouvée molle, sans beaucoup d’intérêt, insipide. Si moi, qui suis pourtant un militant engagé de longue date au Parti socialiste, j’ai pu penser cela, j’imagine sans peine pourquoi l’abstention a été aussi forte dans notre région.

Pourquoi ne pas le dire clairement, au-delà des clivages partisans que nous pouvons avoir ? On s’est ennuyé à mourir. C’était une campagne chiante, avec des débats qui l’étaient tout autant, et je ne pense pas être le seul à penser cela. Demandez donc autour de vous.

Après, on pourra toujours poser la question de l’oeuf et de la poule : était-elle chiante parce que nous ne sommes pas bougés ou ne nous sommes-nous pas bougés parce qu’elle était chiante ?

Démarrage tardif de la campagne, deux-tiers du temps passés à écouter l’un vomir le bilan Masseret, l’autre le sublimer sans concéder aucune erreur, alors qu’il y avait évidemment des choses à reconnaître ; débat régional absent ; perles et bourdes en cascade du candidat de la droite, totalement impréparé …

Ca vous donne envie d’aller voter, ça ? Moi, je suis allé voter. Mais je n’ai pas milité. Alors le citoyen non encarté, franchement …

Alors oui, ce n’est pas très politiquement correct de dire cela alors que la gauche est sur le point de l’emporter, voire de l’emporter largement, mais gagner sur les ruines d’une démocratie représentative à l’agonie, cela n’a rien de glorieux. Que ce soit Masseret ou Hénart qui gagne.

Dommage ; il y avait bien une réelle différence de projets, mais de projets il n’a jamais été question, dans quelque camp que ce soit. Une engueulade sur France 3 en direct, des postures, des gestes, des éléments de langage, des rôles bien définis mais une absence d’âme dans une campagne censée être la dernière grande campagne avant les présidentielles.

Quel que soit le candidat qui sera élu le 21 au soir, il aura une lourde responsabilité : celle de redonner ses lettres de noblesse à la politique, et notamment à la politique locale. J’ai confiance en Jean-Pierre Masseret pour mener à bien cette mission.

Edit : un lecteur attentif a relevé une faute ; la correction est désormais faite. Merci !

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UMP Lorraine, une bourde par jour !

3 mars 2010 — 4:00

« Le recours à tout affichage relatif à l’élection en dehors des emplacements réservés à cet effet est interdit pendant les trois mois précédant le premier jour du mois où l’élection doit être organisée » (art. L. 51)

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Hénart et les tracts invalidés : ça vous fait rire ? Pas moi.

2 mars 2010 — 6:41

J’arrive un peu en retard pour parler de l’affaire qui fait rire tout la sphère politique en Lorraine. Même l’Express.fr en parle, c’est dire si cette bourde a quelque chose de manifestement hilarant. Pensez donc : la profession de foi de Laurent Hénart a été jugée non conforme par la commission électorale préfectorale. Coût : 35 000 euros. Près de deux millions de documents à foutre à la poubelle.

Alors bien sûr, les adversaires de Laurent Hénart se foutent allègrement de lui, et dans un sens, je peux comprendre. Il est clair que l’équipe du candidat de la droite est composée d’amateurs bien peu informés des législations en vigueur.

Mais moi, ça ne me fait pas rire. D’abord, parce que ce sont 35 000 euros de frais de campagne – donc de l’argent public – qui partent en fumée. Ensuite parce qu’écologiquement, on a vu plus responsable. Enfin, parce que je trouve hallucinant de voir que des gens aussi imprudents pourraient, si Laurent Hénart venait à gagner, se retrouver dans l’exécutif régional, au cabinet ou ailleurs.

Alors désolé si je fais mon ronchon, mais moi ça ne me donne pas envie de rigoler.

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« Une campagne qui n’accroche pas sur le fond »

28 février 2010 — 2:25

C’est le constat de Stéphane Rozès dans une interview pour Libération :

« Si les hommes politiques sont portés par le fond, s’ils ont à offrir une proposition qui fait sens, il n’y a pas de raison que la vulgarité l’emporte. Mais les mises en cause, les attaques personnelles sont toujours l’expression d’une campagne qui n’accroche pas sur le fond. »

Je suis globalement d’accord avec cette interview, et je vais sans doute aller plus loin. Je pense que la gauche dans son ensemble, majoritaire dans les Régions depuis 2004, a une responsabilité particulière dans la tournure que prend cette campagne. Bien sûr, la gauche et particulièrement le Parti socialiste font campagne sur des projets, chacun d’entre eux est consultable sur les sites respectifs des candidats. Malheureusement, dans la grande majorité des cas, les majorités régionales d’aujourd’hui ont fait le choix d’une campagne insistant très lourdement sur leurs bons bilans.

Loin de moi l’idée de contester ce fait : le bilan des régions socialistes est globalement positif, notamment en Lorraine. Seulement, à trop axer nos campagnes sur nos bilans respectifs, à trop faire preuve de timidité en jouant sur les particularismes locaux, nous oublions deux choses essentielles dans cette élection : premièrement, son caractère éminemment national à deux ans des présidentielles, deuxièmement sa valeur de test pour les socialistes, notamment sur leur capacité à présenter des projets forts et à mobiliser les citoyens. Or, l’abstention s’annonce massive, notamment dans les quartiers populaires, alors que chacun sait que c’est en mobilisant les électeurs que nous avons des chances de gagner 2012.

Attention cependant à ne pas tomber dans un masochisme de mauvais aloi : la droite partage pleinement la responsabilité d’une campagne sans fond, en agitant le spectre des impôts régionaux et des dépenses publiques, en multipliant les erreurs, en Lorraine comme ailleurs, les bourdes et les maladresses. Totalement impréparée à une échéance qu’elle ne semble pas estimer capitale, la droite voit le vernis de l’unité se craqueler, et le fond est totalement oublié.

Sans doute devons-nous constater ici une erreur de stratégie des états-majors, quels qu’ils soient. Ces élections régionales sont la manifestation d’une immense timidité des têtes de listes, les uns s’appuyant à l’excès sur le bilan, les autres attaquant ce dernier avec autant d’excès.

Quel que soit le résultat au soir du 21 mars, je crains que la démocratie n’y ait pas gagné grand-chose.

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Marie-Luce Penchard dérape

18 février 2010 — 3:36

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Régionales : « chissenefrega » ?

15 février 2010 — 10:46

Prononcez « kisénéfréga », c’est de l’italien. Traduisez de cette manière : « qu’est-ce qu’on en a à f****** ? ».

C’est vrai, qu’est-ce qu’on en a à faire des régionales, franchement ? En tout cas, les personnes que je suis amené à croiser ici et là s’en foutent comme de leur première chemise, je puis le certifier. Et à discuter avec des camarades d’autres partis et d’autres régions, je crains qu’hélas ça ne soit plus répandu qu’on le pense.

Quel changement en si peu de temps. Rappelez-vous, 2007 : on parlait, je parlais moi-même, d’un retour de la politique dans l’esprit des gens, d’une repolitisation de la société, qu’enfin la démocratie allait redevenir vigoureuse et vivante, etc.

Depuis, les scrutins se sont enchaînés, avec cette même lassitude, toujours grandissante, et parions ensemble que l’abstention sera plus que jamais au rendez-vous.

Vous ne me croyez pas ? Rendez-vous le 14 mars au soir, vous serez sans doute surpris.

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NPA 54, les « idiots inutiles » du débat démocratique.

8 février 2010 — 11:44

Ce lundi soir, je suis allé à la conférence-débat sur le dernier livre de Renaud Dély, intitulé Besancenot, l’idiot utile du sarkozysme, conférence organisée par les étudiants de l’IUT Charlemagne.

J’imaginais voir débarquer en nombre des groupies militants NPA pour défendre leur porte-parole. J’ai eu, la salle a eu droit à quelque chose d’encore plus sympathique : une intervention de la tête de liste aux régionales en personne, exigeant, sans rire, un temps de parole de dix minutes au motif que l’intervenant principal avait eu droit à trente minutes. Brouhaha dans la salle, qui a du mal à avaler la pilule.

La tête de liste ne se démonte pas, commence son laïus (rédigé à l’avance), et part dans un délire démago sur le fait que les militants NPA sont des travailleurs qui vont en action après leur boulot, bla bla bla, en occultant totalement la précision initiale de Renaud Dély sur le fait que le bouquin porte sur la personnalité de Besancenot, pas sur les militants du NPA.

Au bout de deux minutes d’autosatisfaction dégoulinante, la voix d’un professeur se fait entendre dans la salle, passablement agacé que la tête de liste NPA se permette de dicter les conditions du débat. Excédé, je me lève et tente de faire comprendre à ce monsieur du NPA que si chaque membre d’un parti demande un droit de réponse, on n’en a pas fini. Après tout, Dély n’a pas été tendre avec les socialistes pendant son exposé, et si je demandais dix minutes moi aussi ?

Brouhaha de nouveau, et comme par magie, une dizaine de gros bras descend vers la scène, et entame une jolie bousculade, notamment contre le professeur. La situation ne se calmera qu’après le départ des militants du NPA, pour reprendre le cadre normal d’un tel débat.

Ce genre de procédé est absolument inacceptable, injuste et dégueulasse pour les étudiants qui ont organisé ce débat. Certes, l’intitulé d’une telle conférence-débat laissait supposer une arrivée massive de militants NPA, mais on était en droit d’attendre d’eux une attitude plus respectueuse du débat démocratique et des membres de la communauté universitaire.

Pour rester dans le sujet de la soirée, à savoir la stratégie de communication politique de Besancenot, on regrettera que les militants du NPA n’aient pas compris qu’en terme de communication politique, une telle attitude est désastreuse pour leur parti.

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UMP Lorraine : la stratégie de « l’ouverture » et de la « diversité politique ».

2 février 2010 — 10:05

L’exercice est connu. Reconnaissons à l’UMP Lorraine son incroyable capacité à manier l’art du langage en politique. La communication politique, ce sont évidemment des concepts, des mots martelés et placés à tout va. A ce petit jeu, Laurent Hénart et son ancien mentor André Rossinot sont des experts. Une brève analyse de leurs discours met en avant quelques mots-clés, à défaut d’idées-forces : « ouverture », « aventures partagées », « rassembler », « diversité politique », etc.

Le message politique est simple : endosser le costume du centriste et du républicain bon teint, capable de rassembler autour de lui des gens issus d’horizons politiques différents. Pas des gens issus de la diversité. Pas des gens de la société civile. Non, ce qui compte c’est d’afficher autant de partis que de perles à un collier, quitte à complètement s’asseoir sur le fait que ces partis ne soutiennent absolument pas les candidats de la liste Hénart : le MoDem a sa propre liste et ne soutient pas Luc Binsinger;  le Parti radical de gauche, par la voix de sa direction nationale, a réaffirmé sa doctrine d’alliances à gauche. Remarquez par ailleurs le fait que Laurent Hénart, dans sa volonté de passer pour un centriste, quelqu’un de modéré, ne met en avant que ces partis. Exit le Mouvement Pour la France de Philippe de Villiers, exit le Nouveau Centre, le parti croupion de la majorité.

Problème de cette stratégie : elle est à double tranchant. En focalisant sur la liste et sa « diversité politique » – joli mot, au passage, pour parler de débauchages et d’ambitions personnelles assouvies – on prend le risque de susciter la critique sur cette même liste, et d’attirer l’attention sur ses contradictions internes, notamment sur le fait que son bouclage a été fait dans la douleur, selon les propres dires des membres de l’UMP.

On voit bien la progression de la communication politique de Laurent Hénart. Phase 1 : tenter de démolir le bilan Masseret, en ne trouvant comme seul cheval de bataille que les prétendues dépenses exorbitantes de la Région (échec). Phase 2 : mettre en avant l’ouverture de sa liste (échec également). Allons, M. Hénart, encore un effort, la phase 3 c’est le fond.

Mais avant le 14 mars, s’il vous plaît.

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RIP MoDem Meurthe-et-Moselle, 2007-2010.

28 janvier 2010 — 9:55

Les fossoyeurs du MoDem Meurthe-et-Moselle sont désormais connus, ils se prénomment Luc Binsinger, Président de ce mouvement départemental, et le responsable des jeunes de ce même mouvement. « Le poisson pourrit toujours par la tête », telle aurait pu être la conclusion de cet article du Républicain Lorrain, que je cite :

Luc Binsinger l’a annoncé hier : deux membres du MoDem 54 et lui-même refusent la ligne autonome suivie par leur parti pour les prochaines élections régionales. Ils appellent à soutenir la liste UMP-Radical de Laurent Hénart.

Vous vous souvenez des beaux discours du MoDem depuis 2007 ? Indépendance, rassemblement des socialistes aux gaullistes, ni gauche ni droite bien au contraire, etc. Pour les deux hommes, la position est encore plus simple :

Les deux hommes ont une vision commune : le MoDem a plus à voir avec la droite qu’avec la gauche.

Plus prosaïquement, voilà un bien triste boulet pour la tête de liste de Meurthe-et-Moselle Danièle Noël, qui se retrouve de surcroît citée dans l’article après … une discussion sur Twitter.

En prenant cette décision alors qu’il est Président départemental du Mouvement Démocrate, Luc Binsinger envoie un bien piètre symbole à ceux qui voudraient, aujourd’hui encore, faire alliance avec le MoDem en Lorraine. Mes pensées les plus franches vont aux militants qui ont sincèrement au coeur cet esprit d’indépendance et qui, après la désastreuse aventure des municipales nancéiennes, se font entuber une fois de plus.

6 commentaires » | Coup de gueule

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