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« Bien entendu … c’est off »

23 juillet 2010 — 8:16

Je me souviens de ce livre de Daniel Carton. Beaucoup de chemin a été parcouru depuis ; vous trouverez pourtant toujours autant de conservateurs, en 2010, prompts à vouloir freiner une certaine idée de la transparence, à partir en croisade contre « l’Internet » (quelle horreur, ce L apostrophe, tout de même), les « twitts » et autres avatars d’une anarchie numérique « dangereuse » et « incontrôlable ».

En politique, de l’accusation d’anarchie à celle de favoriser les extrêmes, et notamment l’extrême droite, il n’y a qu’un pas que certains, comme François Baroin, sinistre budgétaire, ont franchi. Tant pis pour eux. La difficulté, désormais, est de faire comprendre aux citoyens qu’il n’y a pas plus d’affaires maintenant qu’auparavant : il n’y a juste plus aucune soupape de sécurité sur les informations chaudes.

Il serait d’ailleurs idiot et injuste de tout mettre sur le dos de « l’Iiiiiiinternet » (à dire avec un fort accent picardo-vosgien) : les journalistes ont simplement opportunément profité de cette ouverture pour se cacher derrière un avatar technologique.

Les huis clos à l’Assemblée, les petites phrases en coulisses … tout ça c’est terminé. Du moins en théorie : aux politiques bons communiquants de profiter de ces rares ouvertures pour faire de jolis coups, comme lors du débat sur les retraites par exemple.

Reste à faire un sort aux « résistants » journalistes (Aphatie) ou politiques (je n’en fais pas la liste, il y en a des tonnes) qui n’ont pas encore compris les enjeux de ces outils. Et les laisser dans leur fange.

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La bonne « morale républicaine » du PS

17 juillet 2010 — 11:15

J’apprécie très modérément la nouvelle brèche dans le front gouvernemental. Désormais, c’est Wauquiez qui est en cause. Le tort du bonhomme ? Avoir son propre micro-parti lui permettant de récolter des fonds.

Oui, l’existence de ces micro-partis entièrement dédiés aux financements des campagnes et aux déplacements de certains hommes politiques est plus que contestable, et, dans une certaine mesure, condamnable, surtout après tant de promesses sur la « République irréprochable », de part et d’autre, pendant la campagne des présidentielles. Lire la suite »

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Un Parti socialiste moins cher.

13 juillet 2010 — 6:59

Au fou ! Qu’est-ce donc que ce titre ? Une ultime provocation ? Point du tout, c’est un souhait de ma part : le Parti socialiste doit, à terme, avoir un coût moins important pour les adhérents. La barrière de la cotisation est, aujourd’hui encore, un frein à l’adhésion massive de militants, qui préfèrent le rôle moins actif de sympathisants. Certes, la première année, la cotisation est de 20 euros. Seulement, le projet de barème unique de cotisation1 prévoit une progressivité … qui laisse songeur. Ainsi :

Les adhérents ayant un reçu fiscal de 0 à 6 000 euros paieront 20 euros par an, de 6 001 à 14 000, 60 euros, etc, jusqu’à 1% du revenu fiscal lorsqu’il est supérieur ou égal à 38 000 euros. Cher ? Pas tellement, à part que la porte d’entrée reste un chiffre beaucoup plus élevé que dans d’autres partis, de France ou d’ailleurs en Europe. Les primaires permettent de voter pour une somme modique, mais elle ne donne pas de carte d’adhérent au Parti socialiste. Or, sympathisants et militants ne sont pas animés par la même démarche : l’un vote et soutient un parti, l’autre défend activement, sur le terrain, en débat, les propositions et les orientations politiques et ce, à plus ou moins grande échelle.

Mais le problème des cotisations n’est pas le plus important. Il y a sans doute pire : l’université d’été de la Rochelle, organisée tous les ans dans cette charmante ville de Poitou-Charentes, est un véritable frein à l’action d’éducation populaire qui devrait animer le parti. Il y a, d’abord, la distance : le transport étant intégralement à la charge du militant, le trajet d’un adhérent de l’Est de la France revient très vite à des sommes astronomiques pour beaucoup. Il y a également l’hébergement, souvent hors de prix (plusieurs dizaines d’euros la nuit dans un hôtel pas toujours luxueux, idem pour le camping). Enfin, le droit d’entrée est également rédhibitoire : une inscription simple à l’université d’été (sans les repas) est à … 50€. Au final, pour trois jours de débats et d’approfondissement des connaissances militantes, il faut allonger plusieurs centaines d’euros. Une honte.

Pourquoi, par exemple, ne pas changer le lieu des universités d’été, chaque année, comme cela peut se faire ailleurs ? Chaque fédération aurait ainsi le bonheur d’accueillir les militants de la France entière et de montrer son travail, de partager ses expériences. Entendre parler, depuis plusieurs années, des actions de Poitou-Charentes, c’est à sens unique et dommage.

Bref, cela peut paraître très terre-à-terre et pas très intéressant d’un point de vue militant, mais l’argent est aussi une question importante dans la vie de ce dernier. Il faut absolument en tenir compte, pour ouvrir les portes et les fenêtres, comme disait l’autre.

  1. http://www.scribd.com/doc/34276929/Circulaire-Bareme-Unique-de-Cotisati []

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Ah, la ligne 1 de TCSP à Nancy …

27 juin 2010 — 3:09

… C’est toute une histoire ! Chaque Nancéienne, chaque Nancéien peut vous en raconter la situation initiale, les péripéties, les intrigues palpitantes qui la composent ! De pannes en retards, de travaux en blocages, de clauses pourries en erreurs d’ingénieurs, la ligne 1, à Nancy, c’est Autant en emporte le vent à peu de frais, enfin si je peux m’exprimer ainsi : le coût de cette petite plaisanterie se compte en millions d’euros.

La dernière séance publique à la Communauté Urbaine du Grand Nancy a été le théâtre d’informations pour le moins surprenantes sur les transports en commun nancéiens. Outre le fait que VélOstanLib’, un réseau aussi rikiki que l’ambition de ceux qui l’ont conçu, coûte 800 000 euros par an pour 25 stations et 250 vélos, on apprend, grâce au Conseil Général de l’Ecologie et du Développement Durable, que « le matériel de la ligne 1 peut/doit perdurer jusqu’en 2022« .

Vous avez bien lu. Deux mille vingt-deux.

Si vous êtes Nancéien-ne, ou si vous avez déjà eu le plaisir de visiter notre belle cité, vous avez sans doute dû faire un bond, aussi haut que la Tour Thiers. Pensez : trappes qui pendent, ornières à boucher chaque année, affichage défectueux, grincements, bruit, pannes encore fréquentes … Tout ça pour apprendre qu’une rénovation complète du matériel coûterait … environ 700 000 euros par véhicule ! La ligne 1 comprenant une vingtaine de rames, je vous laisse faire le calcul.

Pour reprendre le (bon) mot de l’ami Jacquemin, on est train de tourner « un tramway nommé délire » !

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Maintenant il faut tenir.

25 juin 2010 — 10:49

Plusieurs temps politiques s’achèvent, doucement. L’arrivée de l’été (enfin !) et sa torpeur habituelle ne sont pas propices aux mobilisations de masse et aux grands raouts militants. Retraites, rénovation du PS … en interne comme en externe, il va désormais falloir tenir. Tenir en alerte, tenir en respect aussi, afin que les Français ne soient pas plongés dans le syndrome du poisson rouge.

L’été est un temps de relâchement politique où, paradoxalement, la vigilance est plus que jamais de mise : passages en force législatifs, coups politiques, éclats de voix en interne … Au PS, l’épisode Valls-Aubry ne doit pas se reproduire en 2010. Nous sommes, à cet instant, dans une séquence politique plutôt favorable à la gauche, c’est tant mieux. Mais ce travail ne doit pas être balayé par la chaleur douce-amère de l’été, qui fait parfois des ravages dans les organisations politiques.

A le rentrée, on va devoir être prêts. Avec la bataille des retraites, c’est d’ores et déjà la campagne des présidentielles qui est lancée. Et pour gagner cette bataille de projets, nous devrons être à la fois exemplaires et respecter le vote des militants du 24 juin, et montrer aux Français que nos propositions sont crédibles.

D’ici là, bel été à tous.

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L’homme à abattre.

22 juin 2010 — 8:36

« Il a pas su tenir son équipe », « Nul », « Le responsable de cette mascarade », « Démission » … Raymond Domenech cristallise tous les mauvais sentiments que peuvent développer les supporteurs de l’équipe de France en pareille situation. Vae victis.

Dans une excitation macabre, il faut bien l’avouer, nous nous sommes tous – moi compris – complètement acharné sur cette équipe de France qui n’a pas réussi à se sortir du bourbier sud-africain, et les réactions sur Twitter sont, pour reprendre les termes du Chafouin, une réaction de meute1.

A l’instar d’un général qui aurait conduit l’armée à la déroute, on pointe donc du doigt le responsable, en oubliant quelque chose d’essentiel : le football est un sport col-lec-tif. Ben oui les z’amis, le football c’est onze joueurs sur le terrain, et tu as beau avoir une stratégie de merde, si tu n’as rien dans les pattes et si tu ne sais pas faire des passes pour essayer de briller2, ben tu fais un match de merde.

Le problème, ça n’est pas l’entraîneur, c’est cette banalisation de la haine et de la violence : entre supporteurs, des supporteurs envers les équipes, entre équipes, entre joueurs. Tout le monde se déteste, plus ou moins cordialement, mais n’attend qu’une occasion pour faire péter un verrou supplémentaire. L’équipe de France, cette année, est allée loin en la matière. Et dès lors, tout a été oublié, les cracheurs d’hier (Barthez), les spécialistes du coup de boule de naguère (Zidane) et la cohorte d’expulsés aux mauvais gestes ont désormais toute crédibilité pour dire que ce qu’ont fait les Bleus, c’est pas bien, bouh, pas propre. On est passé à un stade supérieur.

La fédé ne voulait pas que les cadres de 98 prennent le pouvoir ? Mais bordel, comme je les comprends. Ils sont beaux, aujourd’hui, ces braves gars, à donner des leçons de respect et de non-violence, mais chacun se souvient de leurs gestes. Tous unis pour déglinguer Domenech et son incompétence.

Incompétence manageuriale, ok. Responsabilité de la faillite du football français dans son ensemble, certainement pas. On s’est fait plaisir depuis 1998, la victoire nous a fait oublier tous les vices qui rongent le football depuis qu’on a fait des joueurs des demi-dieux, et des sélectionneurs des faiseurs de rois.

Domenech n’est qu’un pion dans un jeu dégueulasse. Et tout le monde y participe.

  1. Meute dans laquelle il entend m’inclure, peut-être n’a-t-il pas tort []
  2. Oui, c’est clairement à Ribéry que je pense ; la seule passe décisive qu’il ait daigné faire a donné le seul but de la compétition à l’équipe de France []

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Rencontres Retraite du PS : l’étape de Nancy

20 juin 2010 — 10:01

Et on peut même apercevoir ma tronche pas télégénique du tout ;-)

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Retraites : le désespoir des jeunes

18 juin 2010 — 2:34

L’heure est à la résignation. C’est la première fois, en presque dix ans d’adhésion au Parti socialiste, que je me sens, que je nous sens aussi déprimés et fatalistes face à une attaque de la droite. Quand je dis « nous », je veux parler des jeunes, pas forcément les jeunes socialistes, mais les jeunes dans leur ensemble.

Faites le test, et parlez avec une personne entre vingt et trente ans. Parlez-lui de la réforme des retraites ; je puis vous parier que sa réaction consistera en un haussement d’épaules, suivi d’une phrase type « de toute façon c’est cuit », « on sait qu’on aura rien », « on travaillera de toute façon jusqu’à 70 ans », etc.

Hier, le PS Meurthe-et-Moselle recevait Pierre Moscovici, dans le cadre des Rencontres Retraite. Je n’ai pas pu m’empêcher de faire état de mon désarroi, sur deux points : d’abord, il existe aujourd’hui un vrai décalage entre l’état d’esprit des jeunesses et celui de 2006, lors de la bataille contre le CPE. Et ce n’est pas simplement parce qu’ils se sentiraient moins concernés ; je crois au contraire que Sarkozy et ses amis ont gagné une lourde bataille psychologique, en martelant depuis des années qu’il n’y a aucune alternative, etc.

Le deuxième constat est celui de l’incertitude la plus totale : le plan du gouvernement va jusqu’en 2018 et celui du PS jusqu’en 2025. Je suis bien sûr d’accord avec Moscovici, il est absolument hors de question de faire des vues de l’esprit, notamment démographiques, jusqu’en 2050. Mais dans une situation comme la nôtre, faite d’interrogations et de fatalisme pour les années à venir, le fait de savoir que nous nous battrions pour sauvegarder les retraites de la génération de nos parents sans savoir ce qu’il va advenir de la nôtre n’est, pour sûr, pas mobilisateur.

L’intervention de Michel Dinet sur le vivre ensemble et la nécessité de la mobilisation avait quelque chose de beau et de courageux, comme toujours chez lui. Mais celle de Moscovici a achevé de me laisser songeur : comment dire que cette réforme est faite pour les jeunes, quand le PS propose aux étudiants de cotiser pendant leurs études alors qu’ils sont souvent sans le sou ?

La journaliste de France 5 qui était là a sans doute bien saisi ma perplexité, et il y a des chances que je sois dans le sujet de C Politique dimanche ; j’espère qu’elle a compris que ma perplexité n’est pas envers le PS, mais envers la génération qui nous précède et qui a tendance à sauver ses meubles pendant que notre propre maison brûle.

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La rénovation passe par l’exemple. Mais pas seulement.

10 juin 2010 — 9:54

La rénovation du PS avance. Même si le terme de « révolution démocratique », utilisé par Arnaud Montebourg, me semble plus qu’exagéré, la mesure phare du non-cumul des mandats est un immense progrès dans la vie du parti et de la démocratie représentative. Mathieu Klein lui-même vient d’annoncer sur son blog qu’il est à l’heure des choix : ou vice-présidence du conseil général, ou législatives, ou municipales. Ce choix annoncé l’honore, quand d’autres camarades préfèrent, eux annoncer leur candidature à un autre mandat sans prendre de telles précautions.

Mathieu Klein parle lui-même d’exemple. Malheureusement, l’exemple venant des candidats ou élus-candidats ne suffit pas. Nous avons désormais besoin d’entamer quelque chose de plus souterrain, de moins spectaculaire et sans doute moins modifiable dans les statuts du parti : changer les mentalités ; entamer une bataille culturelle au sein de nos propres cercles, aller voir chaque militant, discuter. Car de nombreuses barrières sont encore à abattre : jeu des motions, jeu des générations, baronnies (qui, parions-le, résisteront à l’épreuve du non-cumul) … sont autant d’obstacles à ce fameux renouvellement, notamment générationnel, que nous appelons tous de nos voeux.

Ce combat va être ardu. A l’approche des primaires, le jeu des motions et des groupes politiques se réactive, pour ne retomber furtivement qu’en 2012 … avant de reprendre dès les législatives. Il va donc falloir que nous entamions ce changement dès maintenant. L’exemplarité n’est certes pas suffisante, mais serait déjà un grand pas. Des initiatives comme celle de Mathieu Klein sont à saluer. On aurait pu espérer une démarche similaire du côté de notre Président de Région.

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La vie sans.

30 mai 2010 — 11:45

Trois mois de stage. Et, peu ou prou, trois mois sans militantisme. Mes quelques (rares) passages sur ce blog n’y changent rien. J’ai vraiment déserté le militantisme. Je l’entrevois sous un angle inédit et assez original, et je ne sais pas trop si je serai capable de me départir de ce côté vieux con qui gueule dans son salon, pour enfin bouger mon cul et aller défendre mes droits et ceux des autres dans la rue. Cela nécessite un courage que, j’avoue, j’ai un peu perdu. Il faut dire qu’en huit années de militantisme, j’ai accumulé pas mal de déceptions.

L’autre changement majeur est plus personnel. Je vais cesser de m’inventer cette identité italienne que je n’ai jamais eue, et arrêter de parler de l’Italie comme si j’y étais né. Je vais d’ailleurs arrêter de parler italien, cet exercice me serre bien trop le coeur. Trop de sentiments refoulés, de colères accumulées, de projets avortés. Ce week-end, à la Foire internationale de Nancy, parler italien sur un stand avec des exposants m’a fait immensément de mal. Je me suis rendu compte que cette langue n’était pas la mienne, que je ne l’avais pas apprise pour des raisons intellectuelles ou parce qu’elle m’aurait plu à une époque. Je dois donc me débarrasser de ce qui est devenu un méchant tic, à éradiquer.

Je crois que j’ai ma dose de changements pour cette année.

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