Catégorie: PS
Le parti a-t-il encore un sens ?
« Un parti politique est un association organisée qui rassemble des citoyens unis par une philosophie ou une idéologie commune, dont elle recherche la réalisation, avec comme objectif la conquête et l’exercice du pouvoir. est une association organisée qui rassemble des citoyens unis par une philosophie ou une idéologie commune, dont elle recherche la réalisation, avec comme objectif la conquête et l’exercice du pouvoir. C’est donc une organisation au service d’une idée. »
(source)
Oui, hein ?
Ca paraît bien éloigné de l’image (parfois juste) que peuvent en avoir les citoyens, n’est-ce pas ?
Je ne sais pas si cette impression est toute personnelle ou partagée, mais nous assistons à une recomposition surprenante de la vie politique française ces dernières années. Les partis ont changé, de nouvelles alliances se sont dessinées, de nouveaux espaces se sont créés, même si les discours n’ont pas fondamentalement changé.
Les idées n’ont pas changé. Alors pourquoi les organisations le font-elles ? Peut-être tout simplement parce que la notion même de parti politique inspire chez les citoyens des associations d’images pas fameuses : corruption, tricheries, magouilles, confiscation du pouvoir démocratique, classes prépa pour jeunes loups ambitieux, etc. Jusqu’à récemment, à gauche tout du moins, les partis politiques étaient les héritiers d’une longue tradition démocratique, et s’inscrivaient dans une forte démarche historique. Parti socialiste, Parti communiste français … étaient les deux poids lourds de la gauche démocratique française. Aujourd’hui, autour d’eux, gravitent de nouvelles formations, de nouveaux noms, avec parfois de nouvelles organisations : Europe écologie, rassemblement d’associations et de partis, le NPA, sorte de LCR élargie, le MoDem, fédération de partis politiques du centre-gauche au centre-droit …
Et nous ? Que sommes-nous ? Nous sommes le Parti socialiste. Tout seul. Nous n’avons pas autour de nous cette image de « société civile » – qu’est-ce que je peux détester cette locution débile. Le PS a l’image d’un parti. Point. Et il semble aujourd’hui que cela ne suffise plus. Une révolution mentale doit s’opérer chez les militants : accepter qu’ils ne sont pas les seuls à être le Parti socialiste, à le faire vivre et à décider. Les primaires sont un processus allant dans ce sens. Peut-être ce processus ira-t-il plus loin, peut-être pas. Mais le parti, dans son acception des années 70, avec son organisation, sa dimension sociale et quotidienne, semble avoir pris depuis 2007 notamment un sacré coup sur le pif.
Pour le meilleur et pour le pire.
Tour de France du Projet des socialistes : l’étape de Nancy.
Le Parti socialiste est tout entier tourné vers l’élaboration de son Projet. Pour réussir dans cette démarche ouverte et inédite, le Parti a décidé d’organiser un tour de France du Projet durant lequel, à chacune des étapes, les socialistes rencontreront les Français afin d’échanger sur leurs attentes, sur les valeurs et les fondements de la société française.
C’est à Nancy le mercredi 18 novembre que Martine Aubry viendra rencontrer toutes celles et ceux qui voudront bien débattre de la question :
Quelle société voulons-nous pour demain ?
Une réunion publique participative se tiendra à 18h à la salle des fêtes de Tomblaine.
A partir d’un film sous forme d’enquête qualitative réalisée auprès d’un échantillon significatif de Français, un dialogue direct et sincère pourra s’établir. Un buffet convivial permettra vers 20 h 15 de prolonger les échanges et de rédiger des contributions écrites pour le Projet.
Pour des raisons d’organisation, nous vous demandons de bien vouloir vous inscrire dès maintenant à la réunion. Merci de nous communiquer (avec leur accord) le contact de personnes qui seraient prêtes à participer en dialoguant et en donnant leur avis sur la France qu’ils aiment.
Pour vous inscrire, être tenu au courant du lieu, n’hésitez pas à nous téléphoner ou à nous écrire :
Les Nations 23 bd de l’Europe 54500 Vandoeuvre – 03 83 27 40 09 – fede54@parti-socialiste.fr
Sarkozy fils, fossoyeur d’une jeunesse qui s’engage.
Cela aurait pu être un superbe coup pour l’UMP, s’il n’y avait pas eu autant de remous : en faisant accéder Jean Sarkozy à la présidence de l’EPAD sans trop d’encombres, l’UMP aurait pu se targuer d’assurer le renouvellement des générations en politique, et de réussir sans vote ce que le PS ne sait pas faire malgré sa rénovation.
Le problème, c’est qu’en faisant nommer Jean Sarkozy de la façon qu’on sait à cette fonction prestigieuse, le Président de la République ne rend pas service aux jeunes qui veulent s’engager et prendre des responsabilités en politique. Car il est vrai qu’avant d’avoir des responsabilités et de les exercer avec enthousiasme, il faut avoir « fait ses preuves », euphémisme hypocrite qui recouvre les réalités suivantes : avoir l’appui de quelques personnalités du parti, avoir l’approbation d’une sorte de comité des sages implicite, qui validera chaque étape de votre militantisme et n’hésitera pas à vous faire remarquer quelque écart de conduite que ce soit, etc. Bref, se faire bien voir des personnes influentes, en-dehors de toute compétence réelle ou supposée.
Le processus n’a rien à voir avec le mérite, ni même avec le fait de « se faire remarquer » : il faut juste avoir été suffisamment consensuel et avoir une spécialité pour espérer, un jour, être utile au parti dont on est adhérent. Je suis adhérent du PS (et pas nécessairement à l’affût d’un poste, puisque j’exerce déjà une modeste responsabilité), mais l’exemple pourrait sans doute s’appliquer ailleurs. Pour être caricatural, à 20 ans tu es de la chair à canon, à 30 ans tu es un jeune prometteur, à 40 ans tu trépignes d’impatience et tes dents rayent le parquet, à 50 ans tu es déjà un vieux de la vieille qui connaît tout et sait tout.
Et l’enthousiasme là-dedans ? Et le bonheur de militer ensemble ? C’est vrai que ce texte est d’une froideur hallucinante, mais en déjà presque huit ans d’engagement j’ai pu voir les processus d’ascension, de validation « en haut » de telle ou autre personnalité, et aujourd’hui encore, l’âge est un sérieux frein à l’accession aux responsabilités.
Et ce n’est pas l’arrivée de Jean Sarkozy à la tête de l’EPAD qui va arranger les choses pour les jeunes militants de tout bord.
Engagements socialistes
Reconquête idéologique après l’effondrement du cycle financier libéral. Reconquête idéologique après les échecs des socialismes d’accompagnement des années 90. Reconquête idéologique urgente après les basculements entiers d’espaces sociaux de résistances au dogme libéral.
La société Monde du 21ème siècle ne sera pas celle du 20ème. Quelles sont les questions qui se posent à nous ? Quels sont aujourd’hui les besoins élémentaires qu’une société doit apporter à ses citoyens ? Quels sont les droits élémentaires qui font des habitants des citoyens ? Quelles sont les nouvelles frontières de l’affrontement entre capital, travail et nature?
R.I.P. Parti socialiste 1971-2009
Ce titre n’est pas qu’une provocation. Je pense sincèrement que le Parti socialiste tel que nous le connaissions est mort cette année, la date exacte étant sans doute le jeudi 1er octobre. Le Parti socialiste d’Epinay, de la stratégie du même nom, le PS de l’avant-garde politique et sociale, a sans doute rendu l’âme hier, pour un nouveau PS.
Sans enthousiasme décoiffant, mais avec clarté, les militants se sont prononcés sur plusieurs points qui peuvent paraître anodins, mais sont les bases d’un PS à reconstruire. Un camarade me demandait hier à quoi pouvait bien servir cette consultation, quand les Français attendent de nous un projet clair et cohérent. Premièrement, ce n’est qu’une première étape. L’objectif reste le projet. Deuxièmement, si nous voulons proposer un nouveau contrat social aux Français pour une démocratie nouvelle, nous devons impérativement être irréprochables : transparence, exigeance, ouverture. Il était temps.
Un récent sondage montre un pôle écologiste fort à gauche, aux côtés du Parti socialiste, comme le PCF naguère. Je rappelle d’ailleurs que c’est avec des partenaires forts que nous avons gagné en 1981 (PCF à plus de 20%). J’ai désormais l’assurance que nous traiterons nos partenaires écologistes avec plus de respect que nous l’avons fait, jadis, avec nos camarades communistes. L’hégémonie à gauche nous a trop souvent fait perdre, et l’UMP est en train d’en faire la douloureuse expérience : la droite fait 36%, sans réserve.
Le Parti socialiste est mort, vive le Parti socialiste !
La rénovation du Parti socialiste intéresse-t-elle quelqu’un ?
Pour ce que j’ai pu en voir ces dernières semaines, la fréquentation des réunions sur la rénovation n’est pas au beau fixe. On peut légitimement craindre que cette fréquentation soit annonciatrice d’une abstention sans précédent, dans une consultation militante qui porte pourtant tous les espoirs de retour du PS.
On a d’ailleurs tendance, au PS, à faire de cette consultation et de ses propositions l’alpha et l’omega de la reconstruction du PS. Les fraîchement convertis prêchent avec un enthousiasme à vous culpabiliser d’avoir des réticences sur le processus des primaires – et ces camarades ne manquent pas de vous rappeler à chaque intervention que de toute façon « on n’a pas le choix », sans primaire pas de dynamique à gauche en gros.
Sans doute. Le processus de primaires ouvertes donne une légitimité bien plus large au candidat ou la candidate choisi-e par les citoyens. Seulement, le problème des primaires est double : premièrement, le choix du candidat se fera plus sur un profil que sur un programme, comme le rappelait un camarade hier soir. Certes, ce candidat ou cette candidate aura un programme, mais il n’aura pas été fait en amont par les militants, puisque selon toute vraisemblance, le PS, dans son unité habituelle, devrait présenter au moins trois candidats. Quid donc du Tour de France du Projet, si les militants ne sont pas les rédacteurs du projet socialiste ? Le problème vient donc 1) du programme 2) de la participation des militants au processus, et de l’identité même d’un parti.
Plus personnellement – et ce n’est pas un argument – courir le risque de se cogner Cécile Duflot, merci bien.
Mais cette question intéresse-t-elle vraiment les Français ? On l’a vu, les militants socialistes vont aller voter à reculons à cette consultation où tout le monde appelle à voter oui, où chaque question est flanquée de son mini-argumentaire pour voter oui, et où la moitié des questions donne mandat au BN pour faire d’autres propositions en vue de la convention de juin 2010. Peut-on sincèrement penser que les Français verront ce processus comme une ouverture du PS vers l’extérieur, vers les citoyens ? J’en doute, même si cette consultation est indéniablement un premier pas, même maladroit et handicapé par le consensus et la synthèse.



