Catégorie: Valeurs


Austérité et méthode.

6 juillet 2010 — 4:31

Les amis, nous allons devoir quelque peu changer de braquet, comme dirait l’autre. Il est désormais totalement acquis que nous entrons dans une période dure de notre histoire politique. L’affaire Woerth-Bettencourt n’en est finalement qu’une excroissance spectaculaire, le temps politique et social qui s’annonce est clairement sous le signe de la révolte et des coups.

Les affaires, la rigueur, les retraites, la colère qui gronde … Septembre 2010 sera, plus qu’un test, un véritable thermomètre de ce climat que nous annonçons, sur ce blog ou ailleurs, depuis déjà quelques temps.

D’ici là, d’autres tribunes prétentieuses verront le jour, mais ce qui est certain, c’est que pas mal de choses vont changer ici. Plus de hargne, plus fouille-merde, Rhapsodies va prendre un tournant que certains accepteront, d’autres pas. Merci aux uns, tant pis pour les autres. Maintenant, c’est austérité dans la forme et méthode sur le fond.

Parce qu’il va falloir sacrément de sang-froid et de patience pour démonter, une à une, toutes les impostures de la droite depuis 2007. Le vrai boulot commence maintenant.

1 commentaire » | Valeurs

Bravo, Martine !

19 mai 2010 — 7:37

Ce matin, la France du débat sur les retraites se réveille avec les propositions du Parti socialiste. Qu’est-ce qu’on aura entendu ces dernières semaines : « une stratégie nulle », « une attente incompréhensible » … et ce, y compris dans nos rangs.

Ce matin, la démonstration est magistrale. Les propositions du gouvernement étaient déjà plus ou moins connues depuis longtemps, aussi, la simple lettre envoyée aux syndicats était tout sauf une surprise ; en ce qui concerne le PS, sa première secrétaire a réussi le tour de force de cristalliser le débat autour de nos propositions. J’en veux pour preuve les réactions de l’UMP, Valérie Rosso-Debord (bien connue dans le coin) en tête, incapable ce matin de défendre ses propositions, dans une interview axée sur trois arguments :

- Les ténors du PS ne sont pas d’accord entre eux (alors qu’un bureau national a voté les propositions)
- Les propositions du PS sont irréalistes, avec notamment ce bijou de There Is No Alternative :

« Le PS ne se rend pas compte que le monde a changé. On gagne un trimestre d’espérance de vie par an. On ne peut pas être le seul pays en Europe à travailler 35 heures par semaine, au lieu de 42 heures en moyenne dans les autres pays, où l’âge de départ à la retraite est autour de 67 ans. Un peu de discernement et de réalisme ne nuirait pas au PS. »

- Nous sommes derrière le gouvernement (sans déconner ?), les Français sont avec nous. Lire la suite »

1 commentaire » | PS, Valeurs

Retraites, le fatalisme ordinaire.

28 avril 2010 — 9:14

Dans l’opinion, la bataille est déjà gagnée pour les gouvernants. Qui n’a pas entendu autour de lui, ces derniers mois, des soupirs entendus, des haussements d’épaules désabusés, des « bah » qui veulent tout dire, dès l’instant où l’on parle des retraites ?

Les plus fatalistes restent évidemment les jeunes. Sans me faire porte-parole de ma génération, je crois pouvoir affirmer que nous avons tous plus ou moins la certitude que c’est plié, que cette réforme se fera bien évidemment sans nous, et que nous sommes partis pour travailler jusqu’à au moins 65 ans. Moi-même, je ne rentrerai réellement sur le marché du travail que cette année ou l’année prochaine, donc à 23 ou 24 ans, malgré mes quelques stages, mes petits boulots et mes expériences diverses. Autrement dit, à moins de bosser dans la territoriale (et encore), je peux m’asseoir sur une retraite à 60 ans et ce, de façon définitive.

Pourtant, nous aurions tous des choses à faire valoir. La vraie injustice, ce n’est pas que l’on passe à un âge légal de départ à la retraite à 61 ou 62 ans. L’injustice, c’est que tout le monde y passe, avec parmi eux les ouvriers, les gens qui ont commencé à 14 ans, les métiers pénibles, etc etc. Je ne pense lever aucun tabou en disant qu’il y a effectivement moins de pénibilité à travailler dans un bureau qu’à manoeuvrer un Caterpillar tout l’année, qu’il neige, qu’il vente ou qu’il pleuve.

Nous avons eu une discussion vraiment très intéressante avec quelques amis, hier soir, à ce sujet. Ensemble, on évoque quelques pistes, comme par exemple un système de points en fonction de la pénibilité du travail. Problème : comment on la détermine, cette pénibilité ? Réponse sociale-démocrate traditionnelle : les syndicats négocieront branche par branche. Autre problème : on sait tous que ces négociations avantageront le public, au détriment du privé, et on reviendra aux inégalités type 37.5 / 40 ans.

La réponse est pourtant là, à mon sens. Déterminer la pénibilité et les conditions de travail de telle ou autre branche, c’est assurer le début d’un système échelonné et égalitaire, où les personnes qui ont des métiers « plus faciles » cotisent plus pour celles qui ont des métiers pénibles.

Mais ce n’est pas la seule réponse. Pour réaliser une réforme juste, on ne peut pas juste mettre à contribution les salariés, les employés. Il va falloir, à un moment donné, que les patrons mettent les mains dans le cambouis. Taxer le capital est absolument indispensable pour assurer la pérennité financière de ce nouveau système de retraites.

Bref, ce débat s’annonce passionnant. Pour qu’il le soit pleinement, il va falloir que l’ensemble des partis arrête d’avancer masqués, et notamment le PS. On a absolument besoin de sa voix pour ce débat fondamental, et il faut arrêter, maintenant, de jouer la carte ridicule du copyright par peur de voir ses idées piquées par le gouvernement. Ou alors on ne propose plus rien jusqu’à 2012 – vous voyez l’absurdité de cette position ?

7 commentaires » | Valeurs

Ma mère et Tapie.

9 janvier 2010 — 10:12

Image 8

Ma mère a toujours gagné le SMIC ou moins. C’est une femme sans diplôme, longtemps sans le sou, mais avec une rage et une dignité qui forcent le respect.

Ma mère est aussi une rêveuse : pour nous, elle a toujours rêvé de réussite, d’argent et de vie sans tracas. Le soir du 10 mai 1981, sa propre mère et elle fêtaient, en larmes, la victoire d’une gauche qu’elles attendaient depuis tant d’années ….

Longtemps, pendant mon enfance, je n’ai entendu qu’un nom dans sa bouche : Bernard Tapie. Quand les affaires Tapie ont éclaté, j’avais à peine huit ans, alors ce monsieur, je ne l’ai connu qu’à travers des archives, facilement accessibles aujourd’hui. Mais, malgré tout ce qui a pu arriver à Tapie, ma mère lui a toujours voué une admiration sans borne. Pensez : un homme parti de rien, qui a réussi dans les affaires et dans la politique, qui tient tête à Jean-Marie Le Pen et réussit tout ce qu’il entreprend (enfin jusqu’à 94) …

Je ne suis pas sûr que cette admiration ait totalement disparu aujourd’hui. Certes, il y a la déception du soutien à Sarkozy, et les années ont passé. Mais je pense qu’elle a toujours eu la conviction que Tapie était un exemple pour tous les gens de gauche sans le sou qui rêvaient de réussir un jour. Le mythe Tapie, en somme.

Aujourd’hui, au-delà de ce qu’on peut très légitimement lui reprocher (et je suis le premier à le faire), il est certain qu’un exemple comme Tapie n’existe plus. On peut le regretter ou s’en féliciter ; moi je sais juste qu’il faisait partie de ceux qui faisaient rêver ma mère et croire en l’ascenseur social. Rien que pour cela, qu’il en soit remercié …

2 commentaires » | Valeurs

L’échec de l’écologie politique.

2 janvier 2010 — 10:52

Vous l’avez sans doute tous vue, cette (longue) pub de Renault : « changeons de vie, changeons l’automobile ». Un slogan mitterrandien pour quelque chose qui semble aller plus loin qu’un simple greenwashing.

« Il est temps de faire avancer l’automobile dans le sens de l’Homme, dans le sens de la vie ». Au-delà du discours militant, l’on peut apercevoir à la fin de la publicité quelque chose qui s’approche clairement de ce que seront les Renault de demain. La marque a en effet pris le pari osé de lancer une gamme complète de véhicules électriques d’ici à 2011, à des prix abordable, la gamme ZE.

Fous, chez Renault ? Pas vraiment. L’ensemble des constructeurs automobiles semble avoir clairement pris conscience de l’intérêt de produire des véhicules propres. Non par écologisme forcené, non par militantisme, mais par un pragmatisme d’entreprise à l’origine d’un constat simple : pour qu’une boîte automobile soit pérenne, elle doit trouver de nouvelles sources d’énergie. Et les voitures électriques ne coûtent pas forcément plus cher que les voitures que nous produisons actuellement. D’ailleurs, d’autres constructeurs auto ont déjà fait le choix du tout électrique : le partenaire de Renault, Nissan, mais aussi Chevrolet, Peugeot-Citroën, etc. A ce sujet, je ne saurais trop vous conseiller de lire l’excellent bouquin de Dominique Nora, Les nouveaux pionniers de l’Or vert.

Nous assistons donc à quelque chose de très décourageant, finalement. Par pragmatisme économique, les constructeurs automobiles prennent résolument de réussir là où les Etats ont échoué en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Si ces marques réussissent leur pari et ne font simplement qu’habiller de vert leurs logos et leurs publicités, on assisterait au troublant constat de l’échec de l’écologie politique, après Copenhague. Voilà qui serait désespérant.

Bien sûr, il serait naïf de nous fier à cette seule publicité de Renault. Une très brève analyse montre à quel point les communiquants de la boîte ont voulu la jouer grandiloquente, avec la pop cathédrale de Keane en fond, les slogans et le ton prophétique. Mais c’est bien l’image d’un virage que veut montrer Renault, au-delà d’un simple greenwashing puisque sa gamme est d’ores et déjà annoncée pour 2011. Patience, donc.

4 commentaires » | Valeurs

Les pionniers de l’or vert.

22 décembre 2009 — 9:04

C’est le titre d’un livre que je viens de commencer. L’auteure, Dominique Nora, y décrit cette génération américaine, entrepreneurs, citoyens et politiques, qui repense leur façon de vivre et de faire du business, de façon écolo. J’ai été très intéressé par ce passage qui présente la nomenclature empirique suivante, élaborée par Joel Makower :

« - L’engagé : sait quoi faire, et le fait souvent.
- Le contradictoire : sait quoi faire, mais n’en prend pas la peine.
- Le préoccupé : veut apprendre quoi faire, mais ne le sait pas encore.
- L’incertain : ne sait pas comment faire la différence.
- Le cynique : ne sait pas, et s’en moque complètement. »

Et moi, lequel suis-je ? Sans doute le préoccupé. J’aurais bien dit le contradictoire, mais ce n’est pas tant un problème de volonté que de possibilité : être locataire réduit la marge de manoeuvre de façon significative, et même si j’ai quelques réflexes hérités d’une éducation stricte en la matière (eau coupée quand on se brosse les dents, lumières éteintes quand on n’est pas dans la pièce), j’ai toujours l’impression de ne pas en faire assez.

J’ai toujours cette frustration de ne pas savoir concrètement quoi faire, j’aimerais d’ailleurs qu’on me le dise très précisément, qu’un monsieur ou une madame passe chez moi en me disant que je dois faire ça, ça et ça. J’aimerais aussi avoir des trucs qu’un locataire ne peut pas avoir : un toit solaire, des toilettes sèches, etc.

Et vous, vous êtes plutôt quoi ? Par exemple, tiens, vous en êtes où Nicolas J, Marc Vasseur (récemment converti à l’écologie politique), Baba, Julien Lecaille, Olympe, CC, Trublyonne et oRélie (et tous ceux qui voudront bien répondre) ? Faites tourner :)

4 commentaires » | Valeurs

Béatification de Pie XII : sur Twitter, on s’engueule !

21 décembre 2009 — 8:06

(Tronche floutée pour préserver mon (très) relatif anonymat) ;-)

EDIT 19:57 - Je me rends compte en visionnant la vidéo et en ayant discuté avec Eric Mettout et Le Chafouin sur Twitter que je donne l’impression de relativiser le rôle de Pie XII pendant la 2ème Guerre mondiale. Il n’en est évidemment rien. Sur le fond, ma position est éminemment plus proche de celle d’Eric Mettout. C’est très simplement sur la forme que je le critique, tout comme je critique la posture du Chafouin, qui se cache derrière des arguments historiques pour ne pas avoir à donner son ressenti qui, sans doute, serait plus proche de celui d’Eric Mettout qu’on voudrait bien le croire. Mais je m’avance peut-être un peu … ;-)

J’aimerais très simplement qu’on retienne que cette vidéo est une analyse des formes d’argumentation utilisées par les deux protagonistes d’une part, et de la communication de l’Eglise d’autre part. Les arguments historiques n’ont pas franchement leur place dans cette vidéo, même si je peux bien entendu m’exprimer sur le sujet en commentaire. Ce sera d’ailleurs fort simple : Pie XII avait une immense responsabilité, et n’a pas eu le courage politique nécessaire pour s’élever avec force contre les déportations et les exterminations. Point.

6 commentaires » | Valeurs

Mon féminisme.

25 octobre 2009 — 5:16


C’est toujours un exercice délicat pour moi. Dans une précédente note, sur un ancien blog, je m’étais élevé contre le féminisme radical et ses dérives. Mal m’en a pris : les accusations de misogynie et de sexisme ont vite plu sans aucune argumentation derrière, certaines personnes préférant voir « contre le féminisme » alors que le titre était bien « contre le féminisme radical ». Vous imaginez le traumatisme, pour un féministe comme moi.

Oui, parce que malgré mon nom à consonance latine et mes origines italiennes, je suis un farouche féministe. Demandez à ma compagne, j’en deviens limite chiant avec ça. Mais je suis un féministe quelque peu atypique : au sein de mon parti, j’ai voté contre ce que j’appelle la parité positive, que je considère ni plus ni moins comme l’instauration d’un système de quotas qui me semble aberrant et à l’encontre des plus élémentaires principes républicains. De là à ce que certains vous disent que je suis contre la parité, il n’y a qu’un pas. Certain-e-s féministes aiment malheureusement les raccourcis.

Egalité stricte des salaires, fin des temps partiels imposés aux mères, planning familial, congé paternité (eh oui c’est un combat féministe : égalité des salaires = augmentation des congés paternité) , patriarcat, genre … Les sujets sont vastes et montrent que pour le féminisme, la fin de l’histoire ne semble pas être pour tout de suite.

Voilà une bataille culturelle que j’essaie de mener au quotidien, même si j’avoue, en tant qu’homme, qu’il est difficile de faire entendre sa voix, surtout si elle est originale, comme sur la parité. Passer pour le miso de service, merci bien.

3 commentaires » | Valeurs

Pour changer le Mouvement des Jeunes Socialistes, c’est par ici.

23 octobre 2009 — 3:18

1 commentaire » | Valeurs

Gestation Pour Autrui (GPA) : cent fois oui !

11 octobre 2009 — 4:25

Un article du JDD révèle que 65% des Français seraient pour la Gestation Pour Autrui. Sous ce nom un peu barbare se cache un autre nom encore moins élégant : les mères porteuses. Cependant, le sondage Ipsos-JDD-M6 est net et sans bavure : les Français sont très majoritairement pour ce procédé, toujours interdit et condamné à l’heure actuelle. Ils étaient 61% en janvier, l’idée progresse, donc.

Traiter des sujets de société comme celui-là est délicat. Même si je n’ai pas politiquement participé au combat du PaCS, étant trop jeune (en 1999 j’avais à peine 13 ans), je me souviens des débats enflammés à l’Assemblée Nationale, je revois Christine Boutin agitant sa Bible, je revois les manifs anti-PaCS et les propos homophobes. Ce combat était un grand combat, et aujourd’hui, la GPA fait partie de ces combats culturels et sociétaux que nous devons mener, avec le statut du beau-parent, avec l’adoption pour les couples homosexuels, etc.

Je vous avouerai cependant que le chemin a été long. Considérant longtemps la GPA comme une marchandisation du corps au même titre que la prostitution, j’ai été réticent pendant plusieurs années sur ce point. Néanmoins, depuis mon adhésion à HES et le long travail mené par l’équipe nationale pour faire progresser cette idée, mon raisonnement a changé, et se fait plutôt par le prisme des souffrances des personnes ne pouvant pas avoir d’enfants. La véritable immoralité, c’est celle qui consiste à payer une femme d’un pays de l’Est 20 000 € dans des conditions franchement dégueulasses.

Il va de soi que la GPA bénéficierait d’un encadrement particulier : comme le suggère le professeur Israël Nisand,

On peut imaginer un groupe régional qui examinerait les demandes sur le plan médical mais aussi psychologique afin de détecter, notamment, les anomalies relationnelles : une obligation entre femmes, des motivations financières… Les dossiers seraient ensuite transmis à un groupe national chargé de donner un avis favorable ou défavorable.

Je laisse d’ailleurs l’argument final à ce même professeur :

Le rôle du législateur ne doit pas être celui d’un père autoritaire qui décide de ce ,qui est bon ou pas pour vous. Que la loi protège des valeurs catholiques plutôt que républicaines me dérange.

La droite au pouvoir a un vrai devoir de responsabilité sur cette question, et elle s’honorerait de mener ce combat.

9 commentaires » | Valeurs

Retour en haut