Et si l’autonomie du MJS était une bêtise ?
L’autonomie des jeunes socialistes est un élément fort de la mythologie militante : 1993, Rocard, l’autonomie, Benoît Hamon, on pourrait en faire un nuage de tags. L’autonomie est présentée comme le consensus entre toutes les sensibilités politiques du MJS, l’horizon indépassable, l’acquis auquel il ne faut surtout pas toucher.
Le principe est fort et enthousiasmant : donner à une organisation de jeunesse la possibilité d’exister, d’organiser ses propres congrès, de déterminer ses orientations, de militer sous ses propres couleurs.
Pourtant, on peut sérieusement se poser la question du respect de ce principe depuis quelques années. Nous fêtions, voilà deux ans, les quinze ans de l’autonomie du MJS, et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est ce même MJS qui s’est le plus assis sur ce beau principe, qui l’a vidé de son sens, qui l’a dévoyé. Le MJS a fait de l’autonomie une défiance vis-à-vis du Parti socialiste, n’hésitant plus à écrire sur ses tracts que ses positions ne sont pas les mêmes que celles du PS, fustigeant à coup de communiqué l’ancien Premier secrétaire, sans même avoir consulté l’ensemble des sensibilités, utilisant l’autonomie comme prétexte pour amorcer des purges lamentables et passées sous silence.
Localement, on a même pu voir l’Animateur Fédéral du MJS nous sortir, alors qu’une conseillère fédérale lui demandait un bilan d’action du MJS suite à une demande de subvention à 3 zéros, que le MJS était « indépendant » et que le Collectif Fédéral était « souverain », donc qu’aucun compte n’était à rendre.
Faut-il revenir sur l’autonomie du MJS ? Si l’on s’en tient au principe, non. Si l’on regarde ce qu’on en a fait depuis 17 ans, cela reste à voir. Le MJS n’est toujours pas arrivé à maturité, et on se demande si cela arrivera un jour.


