Etudiants : l’Est Républicain se « vautre » dans les clichés.

8 avril 2010 — 3:08

Je vous invite à lire ce morceau de papier (je ne peux décemment pas parler d’article en l’espèce) :

C’est classe, hein ? Et puis c’est pas cliché du tout, bien évidemment. Pas populiste pour un sou, non. L’auteur-e de ce machin a dû quitter les bancs de la fac depuis déjà bien longtemps, alors je vais lui rappeler quelques évidences qui relèvent plus du bon sens que de l’intelligence réelle – intelligence dont cet article manque cruellement :

- « Se vautrer :  s’affaler, s’étendre, se rouler dans quelque chose ». Je ne sais pas vous, mais moi sur la photo je ne vois que des gens assis en tailleur, ou debout. Le journaliste qui a écrit cette bouse a dû beaucoup se la couler douce quand il s’agissait d’acquérir un minimum de vocabulaire.

- L’opposition entre gens de la fac et prépa est là encore d’une stupidité confondante. Je connais de brillants étudiants en fac de lettres et de parfaits glandouilleurs de prépa.

- Moquer la colère des étudiants qui se sont mobilisés contre des réformes comme le Contrat Première Embauche ou la LRU relève au mieux d’un surmoi éditorialiste bien peu talentueux, au pire d’une méchanceté gratuite qui n’a pas sa place dans un journal, fût-il aussi insipide que l’Est Républicain.

Je ne sais pas qui est la personne qui a écrit ces quelques lignes, mais je ne félicite pas l’Est d’avoir publié un si gros étron.

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« La mort n’est rien pour nous »

8 avril 2010 — 8:48

Je revois encore mon prof de philo de prépa lancer cette phrase devant sa classe léthargique. « La mort n’est rien pour nous ». Cette phrase d’Epicure, je l’ai très longtemps relue, confrontée avec ma propre réalité, et malgré tous les efforts de raisonnement possibles et imaginables, même en me disant qu’en gros, c’est ce qui est derrière nous qui est mort et pas ce qui arrive, je n’arrive pas m’enlever de la tête cette pensée obsédante en diable : un jour ou l’autre, mon corps deviendra froid, tout s’arrêtera, et il n’y aura pas de suite. Je n’aurai plus conscience de rien. Je n’aurai même plus conscience de n’avoir conscience de rien.

Cette pensée est terrible. Elle l’est d’autant plus que, n’ayant jamais cru en quoi que ce soit, et surtout pas en une vie après la mort, la perspective du couperet sans poursuite de quoi que ce soit est une hantise incroyable, lancinante, suffocante. D’ailleurs, pour reprendre le texte d’Epicure, moi ce qui me fait peur ce n’est pas la douleur éventuelle qui pourrait survenir à ce moment. C’est tout simplement le néant, le rien, je n’aurai absolument plus d’existence, le temps s’arrête, il n’y a plus de vie, blackout, plus rien. Pas même la conscience d’être mort, ou la possibilité de regarder la suite d’un endroit différent.

J’envie parfois la crédulité de certains, qui pensent avec toute leur force et leur foi – guidée sans doute par une peur équivalente à la mienne – qu’il y a quelque chose « de l’autre côté », qui se rassurent avec la pseudo-science des Near Death Experiences, et se persuadent qu’il y a quelque chose.

Je les envie.

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Salut, Marc.

4 avril 2010 — 6:10

Bordel, je viens de voir que l’ami @jegoun vient de publier un article sur le même sujet. Si on fait tous des hommages à Marc, on va croire qu’il s’en est allé vers d’autres cieux !

Le départ de Marc Vasseur m’attriste. Vraiment. On a beau s’être assez méchamment pris la tête plus d’une fois à propos du PS, son départ est quelque chose qui tombe assez mal, au moment où je me sens moi-même de plus en plus en décalage par rapport à mon engagement politique. Je me souviens encore de ces points de désaccord, je reste sur certaines de mes positions. Pendant plusieurs mois, pour caricaturer, c’était d’un côté « le PS c’est de la merde » et de l’autre « le PS c’est de mieux en mieux ».

Pas de bol, je suis justement en train de remettre en question mon engagement politique. Alors pensez donc, quand j’ai appris le départ de Marc, les questions qui se faisaient lancinantes sont devenues fréquentes. Parce qu’en matière d’engagement, même si je n’étais absolument pas d’accord avec ses vues, Marc c’était quand même un sacré modèle de détermination.

Mon engagement vient en grande partie du blogging et d’internet. J’ai certes adhéré au PS à quinze ans, mais j’ai commencé à réellement m’y investir à partir de dix-huit ans, âge où j’ai ouvert … mon premier blog. Là, j’ai produit mes premiers contenus, mes premières contributions, et pendant des années, j’ai eu la sensation que je pouvais apporter quelque chose, modestement, sur le fond. Avant de me rendre compte de deux choses :

- Les partis n’en ont rien à foutre des blogueurs, sinon pour s’amuser à les utiliser comme journalistes citoyens ou relais de leurs campagnes en ligne.
- Mes notes les plus commentées étaient des notes polémiques, bourrines et sans intérêt objectif.

Marc a sans doute vite compris cela. Sans mandat, sans élection, point de salut, point de respect. Et vu que les orgas sont de plus en plus structurées et verrouillées pour reproduire une certaine conception de la politique, je crains que la politique partisane perde un intérêt fondamental au fil des années, à mes yeux.

Mais peut-on faire de la politique autrement ? La politique « citoyenne », comme je peux parfois en entendre parler, est condamnée à avoir la même audience que la politique vue par les blogueurs. Zéro. Makache. Nada. Les associations ? Quand on voit les liens de certaines avec les partis, on se dit qu’il est encore plus simple d’adhérer directement à un parti.

Alors je réfléchis. En continuant de m’engager, tant que cela restera nécessaire.

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En cas de victoire en 2012, le PS reviendrait-il sur la réforme des collectivités territoriales ?

3 avril 2010 — 4:14

On entend beaucoup le Parti socialiste pester contre la réforme des collectivités en ce moment : mort des départements et des régions, retour en arrière sur la décentralisation, mode de scrutin favorisant l’UMP, etc.

Pourtant, malgré la mobilisation des élus socialistes et républicains contre cette réforme, on peut sincèrement poser la question de la sincérité d’une telle démarche. Il n’est pas certain, si la gauche revenait au pouvoir en 2012, qu’elle reviendrait sur cette réforme des collectivités. Pourquoi ? D’abord, parce que la gauche au pouvoir n’a jamais franchement eu l’habitude d’abolir une loi. On pourra y mettre les justifications que l’on souhaite, comme la continuité républicaine, mais rares sont les fois où la gauche a remis en cause un projet de ce genre en arrivant aux responsabilités.

Il est pourtant évident que cette réforme va à l’encontre des principes mêmes de la décentralisation, qu’elle supprime cette dualité région-Etat-Europe et département-commune-interco. Bien sûr que cela va grincer des dents lorsqu’on va devoir passer de 6 000 à 3 000 élus. Pourtant, je suis persuadé que la seule chose sur laquelle le PS, entre autres, apposera sa marque, ce sera le scrutin, pour éviter un premier tour trop favorable à l’UMP.

Le reste est connu. On entendra des « c’est trop tard », des « le processus est trop avancé, il faut désormais l’adapter » et autres there is no alternative. A bien des égards, les socialistes ont d’ores et déjà accepté cette réforme.

Vous voulez prendre les paris ?

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Annonce

1 avril 2010 — 3:43

Salut les z’amis !

Un nouvel outil vient de faire son apparition à droite de votre écran : un module Facebook. Retrouvez-y des commentaires supplémentaires, des réactions à chaud, et pourquoi pas, de temps en temps, un live de différents événements politiques ou autres.

N’hésitez pas à cliquer sur « Devenir fan » si vous possédez un compte Facebook. Ce terme de « fan » ne me convient pas : il est à l’opposé de l’idée que j’ai de la relation entre internautes. Pour autant, c’est la seule possibilité offerte par Facebook pour que nous puissions échanger sur de nombreux sujets.

Allez, viendez !

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Un semblant de démocratie numérique à Nancy ?

31 mars 2010 — 9:23

C’est incontestable, le retard de Nancy est grand en matière de démocratie numérique. Le site internet est le même depuis des années (ces boutons de toutes les couleurs, brrr), l’interactivité quasi inexistante, le numéro vert où les informations erronées fleurissent …

Quand on compare Nancy et Metz ou Strasbourg, rien à voir, n’est-ce pas ?

Pourtant, l’équipe municipale devrait saisir tout l’enjeu de faire vivre la démocratie d’une manière quelque peu originale et … actualisée. Metz et Strasbourg l’ont compris, et c’est de façon très simple qu’à Metz, par exemple, les citoyens peuvent revivre la séance du conseil municipal et se faire leur propre opinion sur les débats menés. Au Conseil Régional, on s’y est également mis.

A quand une séance retransmise, à Nancy ? Les horaires du conseil municipal ne permettent certainement pas à l’ensemble des concitoyens d’y assister en live : on commence à 17 heures … Je ne parle même pas de la Communauté Urbaine du Grand Nancy, qui commence les débats un vendredi à … 15 heures !

Ce n’est qu’un début de piste, d’autres actions pourraient être menées pour développer un semblant de proximité à peu de frais. Je pense notamment à l’exemple de Villers-lès-Nancy, qui a ouvert récemment un des quarante comptes Twitter de municipalités en France, et permet, d’un clic, de retrouver les informations essentielles : travaux, repas des écoles, les dernières publications sur le site internet (récemment refait lui aussi) …

Bien sûr, il ne faut pas tomber dans l’excès inverse : faire de la présence web pour faire de la présence web, ça ne présente pas un grand intérêt. Mais le développement de petits outils pratiques et ponctuels serait un vrai plus pour cette grande ville qui a tant de mal à tisser un lien particulier avec ses habitants – les dernières élections l’ont prouvé.

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Morgue municipale

30 mars 2010 — 9:09

Le conseil municipal de Nancy qui se tenait hier a été une occasion supplémentaire de constater tout le mépris de la majorité en place. Cela, nous y sommes habitués, le discours est connu : pointer une supposée absence de propositions quand le groupe d’opposition dénonce une mesure, balayer du revers de la main, sans débat, une proposition du groupe quand il en fait une précise.

« J’ordonne les débats, M. Masson »

André Rossinot semble avoir élevé la morgue et la suffisance au rang d’art municipal, en témoigne cette phrase : « D’ici à ce que vous soyez maire, M. Masson, de l’eau aura coulé sous les ponts de la Meurthe ». Bizarrement, après une telle branlée de la droite le 21 mars, je ne l’aurais pas ramenée, moi, si j’avais été le maire. Mais bon.

Des taxes, des taxes et encore des taxes

Pour une famille politique qui abhorre autant l’augmentation des prélèvements, l’on peut dire que la majorité UMP de Nancy n’y va pas avec le dos de la cuillère dans le reniement cette année : augmentation de 8% de la taxe sur l’électricité (soit le maximum prévu par la loi), augmentation des impôts locaux, etc. Après les sorties emphatiques, main sur le coeur de Laurent Hénart pendant les régionales sur les augmentations du CR, on ne peut que sourire (jaune) face à une telle débauche d’augmentations de la part du chef de file de la majorité municipale.

Et le César du meilleur acteur est attribué à …

… Thierry Coulom, bien évidemment. Pour ceux qui ne connaîtraient pas ce sémillant conseiller municipal de la majorité, imaginez-vous Frédéric Lefebvre et son phrasé si original. On est à peu près dans le même style : « Vous ne connaissez pas la vie des vraies gens », « Sortez un peu rencontrer les gens », « Je vous sais plus intelligent que cela, M. Masson », etc.

Mais la phrase qui m’a fait voir rouge est celle-ci : « M. Klein, vos amis politiques ne siègent jamais dans mon AVQ ! »

Pour avoir fait partie de cet Atelier de Vie de Quartier Centre-Ville Charles-III, je vais rappeler quelques petites choses à M. Coulom :

1/ Personne ne s’est jamais présenté au nom du Parti socialiste,
2/ Certains d’entre nous ont déménagé dans un autre quartier, et ont envoyé un mail pour dire qu’ils ne seraient plus présents (nous sommes disposés à prodiguer quelques leçons d’informatique pour les personnes qui ne sauraient pas ouvrir une boîte mail),
3/ Jusqu’à preuve du contraire, même si M. Coulom aime à endosser le rôle de l’Oeil de Moscou, ce n’est pas SON Atelier de Vie de Quartier. L’AVQ est, jusqu’à preuve du contraire, une association indépendante, même quand M. Coulom vient y distiller la bonne parole municipale et faire croire aux administrateurs qu’ils sont associés aux processus de décision (la bonne blague).

C’est sans doute cela, la démocratie participative sauce Rossinot. Et après on s’étonne que les gens n’aillent pas voter.

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Mnêsai patros soio, Martine

26 mars 2010 — 11:59

Et vint la glorieuse deloréïde, triomphante au milieu de ses pairs. Elle mouva son visage d’airain : « Entendre ce soir les Français, c’est changer profondément de politique ». Elle dit, et l’assemblée tout entière se pâma dans une légère extase. S’approchant du flambeau de l’investiture suprême, une tempête se leva, et la glorieuse deloréïde entendit ces mots : « Mnêsai patros soio, Martine ! »*.

La foule gémit, la détresse s’installa, et la houle se fit rageuse. Reprenant ses sens, la prêtresse de l’Ordre du Chabichou s’avança pour saisir à son tour le flambeau sacré. Le divin Flambeus, sortant de sa torpeur nutritive, glissa également sa main sur le flambeau.

La foule commença à gronder. La guerre de Trois pouvait  commencer.

*Souviens-toi de ton père, Martine

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« Maintenant j’y vais ! »

25 mars 2010 — 9:52

C’est le slogan du PS pour la campagne d’adhésion qu’il lance. Jolie opération, avec un affichage dans cinq grandes villes, chouette teasing, etc. Du point de la vue de la com’, c’est pas mal du tout. Le petit lifting du site national n’est pas mal non plus.

Le problème d’un slogan comme celui-là, c’est qu’immanquablement la présence d’un adverbe comme « maintenant » fait poser la question suivante : pourquoi pas avant ? pourquoi maintenant ?

David Assouline, dans son point presse, a eu une réflexion très juste : faire adhérer c’est bien, garder ses adhérents c’est mieux. Il faut donc créer les conditions de la « fidélisation ». Problème : avec l’euphorie des régionales vient l’ambiance « campagne perpétuelle » qui va durer jusqu’en 2012. Et d’ici là, chacun sait que le tempo est clairement électoral, un tempo où la remise en question n’est, il faut le dire, pas notre fort, et certains principes sont vite oubliés.

Primaires, non-cumul des mandats … Autant d’éléments de rénovation qui ont contribué au changement d’image du PS aujourd’hui, et qui ont propulsé Martine Aubry à des sommets de popularité jamais atteints auparavant. Nous avons donc un combat à mener, de façon collective, au-delà des groupes politiques et des sensibilités. Car pendant ces élections régionales, le moins que l’on puisse dire c’est que personne n’a été parfait, quelle que soit l’écurie, la motion, ce que vous voudrez. Il y a eu des principes sur lesquels on a transigé, sur lesquels on transige depuis trop d’années.

Notre responsabilité, ce n’est pas simplement de « fidéliser » l’adhérent comme on fidéliserait un client. Nous devons impérativement continuer et amplifier cette rénovation lancée l’an passé. Nos victoires en région et le score bien trop élevé de l’abstention nous en donnent le devoir.

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Le PS peut-il rester éternellement un parti ?

23 mars 2010 — 9:24

Vous avez sans doute remarqué, comme moi, que les résultats des régionales inscrivent dans le paysage politique de nouvelles entités  : Front de Gauche, Europe Ecologie … Des formations qui, il y a encore cinq ans, n’existaient pas, mais qui ont pourtant réussi le pari de s’implanter et d’obtenir une légitimité certaine, à gauche et sur l’ensemble de l’échiquier politique.

Dans ce triptyque, à gauche, la seule force politique qui n’ait pas changé dans la forme reste le Parti socialiste. Alors que le Front de Gauche et Europe Ecologie sont des rassemblements transversaux et sans structure réelle de parti, le Parti socialiste reste dans une forme très classique d’organisation politique.

Une organisation héritée du XXème siècle. Une organisation qui, à l’inverse d’EE et le FdG, n’a pas réussi à travailler de façon transversale et équitable avec les associations, le mouvement social, etc. Pourtant, plus encore que la rénovation que chaque candidat au Premier secrétariat brandissait comme un étendard voilà deux ans, la vraie transformation du PS est peut-être celle de l’organisation elle-même : abandonner la simple structure de parti pour atteindre un regroupement plus grand, plus large.

Le problème est malheureusement le suivant : alors que les écologistes peuvent s’appuyer sur des associations … écologistes, les socialistes peuvent difficilement aujourd’hui s’appuyer sur le secteur social, l’économie sociale et solidaire, les associations d’insertion, les associations d’éducation populaire, etc. Ou alors, quand certains courants politiques théorisent cette relations parti-associations, c’est sous l’angle de l’infiltration, de la présence partout, des groupes politiques transversaux. C’était la démarche de la gauche du PS dans les années 90. C’est aujourd’hui totalement inconcevable.

Alors, faut-il changer le PS ? Les résultats aux régionales risquent de donner à ses dirigeants et ses militants une assurance prompte à ne rien remettre en question. Dommage. Car pour gagner en 2012, les simples structures partisanes ne suffiront pas. Il faudra mobiliser de façon bien plus large qu’en 2007 et 2002. Ce serait le moment idéal pour un aggiornamento salutaire. Pendant ce temps, on préfère inonder la toile de think tanks. C’est plus in.

2 commentaires » | PS

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