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Retraites, le fatalisme ordinaire.

avril 28th, 2010 — 9:14

Dans l’opinion, la bataille est déjà gagnée pour les gouvernants. Qui n’a pas entendu autour de lui, ces derniers mois, des soupirs entendus, des haussements d’épaules désabusés, des « bah » qui veulent tout dire, dès l’instant où l’on parle des retraites ?

Les plus fatalistes restent évidemment les jeunes. Sans me faire porte-parole de ma génération, je crois pouvoir affirmer que nous avons tous plus ou moins la certitude que c’est plié, que cette réforme se fera bien évidemment sans nous, et que nous sommes partis pour travailler jusqu’à au moins 65 ans. Moi-même, je ne rentrerai réellement sur le marché du travail que cette année ou l’année prochaine, donc à 23 ou 24 ans, malgré mes quelques stages, mes petits boulots et mes expériences diverses. Autrement dit, à moins de bosser dans la territoriale (et encore), je peux m’asseoir sur une retraite à 60 ans et ce, de façon définitive.

Pourtant, nous aurions tous des choses à faire valoir. La vraie injustice, ce n’est pas que l’on passe à un âge légal de départ à la retraite à 61 ou 62 ans. L’injustice, c’est que tout le monde y passe, avec parmi eux les ouvriers, les gens qui ont commencé à 14 ans, les métiers pénibles, etc etc. Je ne pense lever aucun tabou en disant qu’il y a effectivement moins de pénibilité à travailler dans un bureau qu’à manoeuvrer un Caterpillar tout l’année, qu’il neige, qu’il vente ou qu’il pleuve.

Nous avons eu une discussion vraiment très intéressante avec quelques amis, hier soir, à ce sujet. Ensemble, on évoque quelques pistes, comme par exemple un système de points en fonction de la pénibilité du travail. Problème : comment on la détermine, cette pénibilité ? Réponse sociale-démocrate traditionnelle : les syndicats négocieront branche par branche. Autre problème : on sait tous que ces négociations avantageront le public, au détriment du privé, et on reviendra aux inégalités type 37.5 / 40 ans.

La réponse est pourtant là, à mon sens. Déterminer la pénibilité et les conditions de travail de telle ou autre branche, c’est assurer le début d’un système échelonné et égalitaire, où les personnes qui ont des métiers « plus faciles » cotisent plus pour celles qui ont des métiers pénibles.

Mais ce n’est pas la seule réponse. Pour réaliser une réforme juste, on ne peut pas juste mettre à contribution les salariés, les employés. Il va falloir, à un moment donné, que les patrons mettent les mains dans le cambouis. Taxer le capital est absolument indispensable pour assurer la pérennité financière de ce nouveau système de retraites.

Bref, ce débat s’annonce passionnant. Pour qu’il le soit pleinement, il va falloir que l’ensemble des partis arrête d’avancer masqués, et notamment le PS. On a absolument besoin de sa voix pour ce débat fondamental, et il faut arrêter, maintenant, de jouer la carte ridicule du copyright par peur de voir ses idées piquées par le gouvernement. Ou alors on ne propose plus rien jusqu’à 2012 – vous voyez l’absurdité de cette position ?

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NPA 54, les « idiots inutiles » du débat démocratique.

février 8th, 2010 — 11:44

Ce lundi soir, je suis allé à la conférence-débat sur le dernier livre de Renaud Dély, intitulé Besancenot, l’idiot utile du sarkozysme, conférence organisée par les étudiants de l’IUT Charlemagne.

J’imaginais voir débarquer en nombre des groupies militants NPA pour défendre leur porte-parole. J’ai eu, la salle a eu droit à quelque chose d’encore plus sympathique : une intervention de la tête de liste aux régionales en personne, exigeant, sans rire, un temps de parole de dix minutes au motif que l’intervenant principal avait eu droit à trente minutes. Brouhaha dans la salle, qui a du mal à avaler la pilule.

La tête de liste ne se démonte pas, commence son laïus (rédigé à l’avance), et part dans un délire démago sur le fait que les militants NPA sont des travailleurs qui vont en action après leur boulot, bla bla bla, en occultant totalement la précision initiale de Renaud Dély sur le fait que le bouquin porte sur la personnalité de Besancenot, pas sur les militants du NPA.

Au bout de deux minutes d’autosatisfaction dégoulinante, la voix d’un professeur se fait entendre dans la salle, passablement agacé que la tête de liste NPA se permette de dicter les conditions du débat. Excédé, je me lève et tente de faire comprendre à ce monsieur du NPA que si chaque membre d’un parti demande un droit de réponse, on n’en a pas fini. Après tout, Dély n’a pas été tendre avec les socialistes pendant son exposé, et si je demandais dix minutes moi aussi ?

Brouhaha de nouveau, et comme par magie, une dizaine de gros bras descend vers la scène, et entame une jolie bousculade, notamment contre le professeur. La situation ne se calmera qu’après le départ des militants du NPA, pour reprendre le cadre normal d’un tel débat.

Ce genre de procédé est absolument inacceptable, injuste et dégueulasse pour les étudiants qui ont organisé ce débat. Certes, l’intitulé d’une telle conférence-débat laissait supposer une arrivée massive de militants NPA, mais on était en droit d’attendre d’eux une attitude plus respectueuse du débat démocratique et des membres de la communauté universitaire.

Pour rester dans le sujet de la soirée, à savoir la stratégie de communication politique de Besancenot, on regrettera que les militants du NPA n’aient pas compris qu’en terme de communication politique, une telle attitude est désastreuse pour leur parti.

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